Une vidéo insoutenable révélée devant la justice camerounaise
Au Cameroun, l’affaire Martinez Zogo a basculé dans une dimension dramatique avec la diffusion, les 1er et 2 juin 2026, d’une vidéo inédite devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Ces images, capturant les ultimes instants du journaliste torturé, ont plongé la salle d’audience dans un silence pesant. Des scènes d’une violence extrême, où l’on distingue clairement les sévices infligés à la victime, ont provoqué une onde de choc parmi les présents.
Sur l’écran, Martinez Zogo apparaît au sol, son corps couvert de blessures, sa voix entrecoupée par la souffrance. Plusieurs fois, il implore de l’aide, dans un état de faiblesse avancée. La diffusion de ces images a forcé le tribunal à suspendre l’audience, tant l’émotion était palpable. « C’est d’une intensité rare. Je ne suis pas le seul à ressentir ce choc », confie l’avocat Ludovic Sabze, bouleversé par l’impact de ces preuves.
Le lendemain, l’atmosphère reste lourde. Les visages sont fermés, les esprits encore hantés par les images de la veille. Ces enregistrements proviennent directement du compte Google d’un officier de la DGRE, le maréchal des logis Godje Oumarou Vincent, en service au moment des faits.
Une avancée judiciaire grâce à l’expertise numérique
Georges Bell Bitjoka, expert en cybercriminalité et témoin clé de l’accusation, a joué un rôle décisif en révélant ces éléments accablants. Maître Calvin Job, avocat de la famille Zogo, salue « un rapport qui redéfinit la vérité ». « Il balaye toutes les versions officielles avancées jusqu’ici », déclare-t-il. Il ajoute : « La rigueur de ce travail, la précision technique et méthodologique sont exceptionnelles. Si le tribunal s’en empare, 98 % de l’enquête sera déjà résolue. »
Pourtant, une question cruciale persiste : qui a orchestré l’enlèvement et la torture de Martinez Zogo ? À ce stade, aucun commanditaire n’a été formellement identifié, laissant planer un mystère autour de cette affaire.
Des zones d’ombre persistantes
Paul Chouta, proche de la victime, souligne « un goût d’inachevé » : « L’expert a révélé une augmentation des échanges entre Amougou Belinga et Justin Danwe entre le 18 et le 28 janvier, soit juste après l’enlèvement du journaliste et avant la découverte de son corps. Des rencontres physiques ont aussi été établies. Cependant, certains contenus ont été supprimés, ce qui limite la portée des preuves. »
Georges Bell Bitjoka a précisé que les 18 % de données récupérées sur le téléphone de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga ne suffisent ni à établir sa culpabilité ni à l’innocenter. Les avocats de la partie civile ont donc demandé une expertise complémentaire pour analyser les données effacées des échanges entre Justin Danwe et Amougou Belinga. Une requête susceptible de lever une partie des incertitudes entourant cette affaire.
Le procès a été renvoyé aux 22 et 23 juin 2026, laissant encore en suspens le sort des responsables présumés de ce drame.
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