Buenos Aires et Rabat renforcent leur partenariat diplomatique
Lors d’une rencontre bilatérale de haut niveau, l’Argentine a officiellement sollicité l’appui du Maroc pour soutenir la candidature de Rafael Grossi au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette demande a été formulée lors de la huitième réunion de la commission mixte et de la sixième session de consultations politiques entre les deux pays, qui se sont tenues à Buenos Aires. L’objectif affiché : faire de l’actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) le successeur d’António Guterres.
Un soutien marocain stratégique pour la candidature argentine
Le gouvernement argentin mise sur le poids diplomatique du Maroc en Afrique et dans les enceintes multilatérales pour renforcer la crédibilité de la candidature de Rafael Grossi. Selon les responsables argentins, l’appui du royaume pourrait faciliter des convergences auprès d’États clés au sein du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie visant à étendre l’influence de Buenos Aires au-delà de l’Amérique latine.
Les discussions ont été menées par Roberto Salafia, sous-secrétaire argentin aux négociations économiques internationales, et Juan Manuel Navarro, sous-secrétaire à la politique étrangère, ainsi que par Fouad Yazourh, directeur général des affaires politiques internationales au ministère marocain des affaires étrangères. Les échanges ont porté sur les relations bilatérales, les enjeux internationaux et les opportunités de coopération renforcée.
Rafael Grossi, un profil taillé pour les défis internationaux
À la tête de l’AIEA depuis 2019, Rafael Grossi a consolidé sa réputation grâce à son expertise dans la gestion des crises nucléaires, notamment en Ukraine, en Iran et dans des zones de conflit. L’Argentine a officialisé sa candidature à la fin de 2025 et déploie désormais une campagne diplomatique ciblée. Buenos Aires présente Grossi comme un diplomate capable de dialoguer avec les grandes puissances et de renforcer l’action politique de l’ONU.
Le Maroc, avec son réseau diplomatique en Afrique et son influence au Maghreb, est perçu comme un partenaire clé pour obtenir des soutiens décisifs. Le royaume entretient des relations avec des États africains et des puissances mondiales, ce qui en fait un interlocuteur privilégié pour l’Argentine.
Une pluralité de candidatures en lice pour succéder à Guterres
Plusieurs personnalités issues d’Amérique latine et d’Afrique se disputent le poste de secrétaire général de l’ONU. Parmi elles, l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, soutenue par le Brésil, la Costaricienne Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED, ou encore l’Équatorienne María Fernanda Espinosa et l’ancien président sénégalais Macky Sall. Cette diversité de candidatures oblige Buenos Aires à élargir son réseau de soutiens.
Un commerce bilatéral en pleine expansion
Les consultations entre l’Argentine et le Maroc ont également permis d’aborder la dimension économique. En 2025, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 1,092 milliard de dollars, faisant du Maroc le deuxième débouché africain des exportations argentines. Les discussions ont porté sur l’agriculture, l’énergie, la santé, le tourisme et les liaisons aériennes, avec pour objectif de densifier les échanges et d’encourager des projets communs.
L’Argentine voit dans le Maroc une porte d’entrée vers l’Afrique et un partenaire industriel stratégique, notamment dans les secteurs automobile, aéronautique et textile. De son côté, le Maroc cherche à renforcer ses liens avec l’Amérique du Sud, en particulier dans le domaine agricole. Les deux pays ont souligné la nécessité de faciliter les échanges sanitaires et techniques pour dynamiser leur coopération.
Cette rencontre a confirmé l’importance d’une relation qui dépasse le cadre commercial. Buenos Aires et Rabat ont mis en avant leur volonté de collaborer sur les grands équilibres internationaux, la coopération Sud-Sud et la représentation des pays du Sud au sein des institutions mondiales.
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