autochtonie et allochtonie : un débat stérile qui divise le Cameroun
La Constitution camerounaise garantit l’égalité de tous les citoyens, sans distinction d’origine. Pourtant, le débat sur l’autochtonie et l’allochtonie resurgit régulièrement, comme si ces notions conditionnaient les droits des individus. Oscar Njiki rappelle une vérité simple : la citoyenneté prime sur toute identité locale. L’autochtonie, bien que culturelle, ne peut justifier aucun privilège juridique. Alors, pourquoi ce sujet revient-il sans cesse sur le devant de la scène politique ?
l’autochtonie n’est pas un passeport pour des droits exclusifs
Certains estiment qu’être autochtone confère des droits particuliers, notamment sur les terres. Pourtant, la réalité est plus nuancée. L’autochtonie repose sur une identité ancrée dans l’histoire et la mémoire collective. Elle ne s’acquiert pas par simple occupation du sol ou investissement économique. Les droits coutumiers, lorsqu’ils existent, sont liés à une filiation et ne se transfèrent pas par des transactions commerciales. Une fois cédées, ces terres perdent leur caractère sacré pour les communautés autochtones.
En clair, on ne devient pas autochtone en achetant un terrain. Cette réalité juridique et culturelle doit être rappelée pour éviter les malentendus.
la citoyenneté camerounaise : un droit de cité inconditionnel
Le Cameroun est une nation unie, et chaque citoyen camerounais est chez lui partout sur le territoire national. Que l’on soit autochtone ou allochtone, Yaoundé, Douala ou Maroua doivent être des villes accueillantes pour tous. La légitimité d’un Camerounais à s’installer quelque part ne dépend pas de ses origines, mais de sa qualité de citoyen.
Cette égalité de principe est rappelée par la Constitution. Pourtant, certains continuent de brandir l’autochtonie comme un critère de légitimité, alimentant des tensions inutiles. Il est temps de dépasser ces clivages pour construire une nation cohésive.
autochtones et allochtones : des droits égaux devant la loi
La loi camerounaise est claire : tous les citoyens sont égaux devant elle. L’autochtonie ne peut être un privilège, ni l’allochtonie une source de discrimination. Les droits civiques et politiques, tels que l’éligibilité à des fonctions publiques, ne sont pas conditionnés par l’appartenance à un groupe autochtone.
Seules deux exceptions existent : certaines fonctions locales, comme celle de maire ou de président de Conseil régional, peuvent être réservées aux autochtones. Mais pour la grande majorité des postes électifs (députés, conseillers, etc.), aucun critère d’autochtonie n’est exigé. Ces règles, inscrites dans la loi, visent à concilier réalités locales et égalité républicaine.
vers une nation unie, au-delà des origines
Le débat sur l’autochtonie et l’allochtonie est un leurre. Il détourne l’attention des vrais enjeux : la construction d’une nation forte, unie et solidaire. Camerounais, nous partageons un destin commun. Nos différences culturelles, loin d’être des obstacles, doivent être des richesses à valoriser.
Plutôt que de nous enfermer dans des querelles stériles sur nos origines, concentrons-nous sur ce qui nous unit : notre attachement à une même patrie, notre volonté de progresser ensemble. L’autochtonie et l’allochtonie ne doivent pas être des armes de division, mais des réalités complémentaires au service d’une même ambition nationale.
Le Cameroun a besoin d’unité, pas de fragmentation. Regardons dans la même direction, comme les enfants d’une seule nation, etnon comme des communautés rivales. C’est dans la solidarité et la conscience d’un destin partagé que le pays construira son avenir.
Oscar Njiki
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