Les autorités du Burkina Faso ont récemment annoncé la suspension de 811 associations et la dissolution de 118 autres depuis la mi-avril. Ces mesures, affectant un total de 929 organisations, sont justifiées par le « non-renouvellement de leurs instances dirigeantes » et des « dispositions légales en vigueur », sans davantage de détails.
Ces suspensions, effectives à partir du 12 mai 2026, touchent des organisations œuvrant dans des secteurs vitaux tels que la santé, l’éducation, la promotion des femmes et du genre, ainsi que la religion. Un arrêté ministériel stipule que durant cette période, seules les démarches visant à régulariser le statut de chaque association sont permises.
Un cadre législatif strict et des préoccupations pour la société civile
En juillet 2025, le capitaine Ibrahim Traoré a promulgué une législation régissant la liberté d’association, les organisations non gouvernementales (ONG) et les syndicats. Ce cadre juridique, tout en garantissant le droit d’association, impose des exigences rigoureuses en matière de déclaration, de supervision administrative et de conformité légale, prévoyant des sanctions sévères, y compris la dissolution.
Les autorités burkinabè affirment que cette loi vise à améliorer la transparence, à établir une cartographie précise des associations et ONG, et à combattre efficacement le blanchiment d’argent ainsi que le financement du terrorisme.
Les organisations non gouvernementales internationales et les associations bénéficiant de financements étrangers sont fréquemment la cible d’accusations d’espionnage ou de complicité avec des groupes jihadistes par le régime en place. Fin avril, Human Rights Watch, une éminente organisation de défense des droits humains, a exprimé ses vives inquiétudes, estimant que cette législation conférait à la junte les moyens d’accroître sa « répression généralisée de la société civile ».
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