6 juin 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

Burkina Faso : la régulation des frais de scolarité dans le privé, une mesure très attendue

« L’envolée des frais de scolarité constitue un fardeau considérable pour les familles. Un plafonnement apporterait un soulagement appréciable, permettant à nos parents d’assurer une meilleure éducation à nos enfants », déclare Alain Damiba, artiste slameur, soulignant l’urgence d’encadrer ces tarifs.

Pourtant, la question de l’efficacité réelle de cette régulation pour alléger la charge des ménages divise. Certains observateurs estiment qu’il serait plus judicieux d’investir massivement dans la construction d’établissements scolaires publics. D’autres, en revanche, voient dans cette initiative une opportunité significative de réduire la pression financière qui pèse sur les budgets familiaux.

« Même une modeste réduction de 10 000 francs serait une aide précieuse pour les parents. La vie est devenue excessivement chère, presque tous les prix ont grimpé en flèche sur le marché, tandis que les salaires stagnent », confie Giles Sawadogo, père de famille, exprimant son désarroi face à cette situation.

Concernant le montant idéal d’un tel plafond, les personnes interrogées proposent majoritairement une fourchette allant de 50 000 à 100 000 FCFA par enfant et par an, en fonction du niveau d’enseignement et des services offerts. D’autres penchent pour une gratuité totale de l’accès à l’enseignement.

« L’idéal serait d’avoir une école gratuite. Pour l’université, des mesures rendant les frais plus accessibles seraient également bienvenues. Le pays a un besoin criant d’établissements supplémentaires, en particulier dans l’enseignement technique. Il est impératif de construire davantage d’écoles et d’universités publiques. Cela permettrait de rééquilibrer l’offre éducative et d’inciter le secteur privé à revoir ses propres frais de scolarité face à une offre publique élargie », explique Bassirou Gnaboné, étudiant en Master I Fiscalité.

Enfin, plusieurs experts rappellent qu’une simple réglementation ne saurait résoudre l’ensemble du problème. Ils insistent sur la nécessité pour l’État d’intensifier ses investissements dans la construction d’infrastructures éducatives publiques, le recrutement d’enseignants qualifiés et l’amélioration globale des équipements. Une stratégie à long terme qui pourrait réduire la forte dépendance des familles vis-à-vis du secteur privé de l’éducation.