28 mai 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

Burkina Faso : l’union étudiante face à la répression du régime militaire

Alors que le Burkina Faso commémorait le 36e anniversaire de l’assassinat de l’étudiant Dabo Boukary, survenu sous le régime de Blaise Compaoré, l’Union générale des étudiants burkinabè (Ugeb) a vivement critiqué l’« incapacité du régime militaire à garantir la sécurité » du pays. Cette déclaration intervenait malgré les engagements du capitaine Ibrahim Traoré lors de sa prise de pouvoir par un coup d’État.

Quelques jours seulement après cette prise de position, des étudiants, dont le président de l’Ugeb, ont été appréhendés. Selon un communiqué de l’association, ces interpellations ont été menées de manière « musclée et illégale » par des individus « non identifiés », vêtus en civil et armés.

L’Ugeb accusée d’« apologie du terrorisme » et suspendue

Ces arrestations ont rapidement été suivies d’une accusation d’« apologie du terrorisme », puis de la suspension de l’Ugeb. Le ministère de l’Administration territoriale a prononcé une interdiction d’activités pour l’organisation estudiantine, pour une durée de trois mois renouvelables.

Face à la « gravité » des faits reprochés, le procureur du Faso, rattaché au tribunal de grande instance Ouaga2, a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire. Le communiqué du procureur précise que les actions incriminées pourraient constituer des infractions réprimées par le code pénal burkinabè, notamment une « entreprise de démoralisation des forces de défense et de sécurité ».

Il a également été rappelé que l’« apologie publique d’actes de terrorisme » est passible d’une peine d’emprisonnement allant d’un à dix ans, soulignant la sévérité des charges potentielles contre les étudiants interpellés.