5 juin 2026

Le Reveil Noir

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Chef djihadiste malien iyad ag ghaly recherché pour menace terroriste

Pourquoi le Mali offre jusqu’à 2 milliards FCFA pour la capture d’Iyad Ag Ghaly

Portrait d'Iyad Ag Ghaly

Le gouvernement Mali a lancé une offensive sans précédent contre les figures du terrorisme dans le pays. Jeudi dernier, les autorités ont annoncé une récompense financière record pour la capture d’Iyad Ag Ghaly, le chef emblématique du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), et de plusieurs de ses lieutenants. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de tension extrême, marqué par des attaques meurtrières ciblant les forces de sécurité et les civils.

Le général Daoud Aly Mouhammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, a officiellement confirmé l’offre de primes lors d’une allocution télévisée. Sept individus, considérés comme des menaces majeures pour la stabilité nationale, font désormais l’objet d’une traque prioritaire. Leur localisation pourrait être la clé pour briser la spirale de violence qui frappe le pays.

Les cibles prioritaires et leurs primes

Scène de marché au Mali

Le communiqué du ministère détaille les sommes offertes pour chacun des sept individus recherchés :

  • Iyad Ag Ghaly, chef du JNIM : 2 milliards FCFA pour sa capture. Considéré comme la figure centrale du djihadisme sahélien, il dirige le groupe depuis plusieurs années.
  • Amadou Koufa, chef de la katiba Macina, et Abdoulaye Mohamed (Habib) : 1,5 milliard FCFA chacun. Ces deux responsables sont des piliers opérationnels du JNIM.
  • Algabas Ag Intallah, leader politique et militaire du Front de libération de l’Azawad (FLA) : 1 milliard FCFA.
  • Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna, trois autres responsables du FLA : 500 millions FCFA chacun.

Cette initiative fait suite aux attaques coordonnées du 25 avril, qui ont coûté la vie à Sadio Camara, ministre de la Défense. Les djihadistes du JNIM et les séparatistes du FLA ont mené conjointement cette opération, révélant une alliance stratégique inquiétante pour Bamako.

Iyad Ag Ghaly : parcours d’un chef de guerre

Iyad Ag Ghaly à Kidal en 2012

Né en 1958 à Boghassa, dans la région de Kidal, Iyad Ag Ghaly est une figure incontournable des rebellions touarègues et du djihadisme au Sahel. Son parcours, marqué par la radicalisation progressive, en fait l’un des hommes les plus dangereux du continent africain.

Dans les années 1970, il s’engage aux côtés des forces de Mouammar Kadhafi en Libye, participant à des conflits au Liban et au Tchad. De retour au Mali dans les années 1990, il fonde le Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA) et déclenche une rébellion contre l’État malien. Après des années de lutte, il signe un accord de paix en 1992, mais son engagement en faveur de l’islamisme le pousse à se rapprocher des groupes armés.

En 2007, il se lie au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), ancêtre d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En 2012, il fonde Ansar Dine, un groupe salafiste djihadiste qu’il dirige lors de la prise de contrôle du nord du Mali. Cinq ans plus tard, il crée le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une coalition de mouvements djihadistes affiliés à Al-Qaïda, dont il prend la tête.

Selon le Timbuktu Institute, Iyad Ag Ghaly est désormais « l’homme le plus recherché du Sahel ». Ses méthodes ont évolué : plutôt que de se concentrer uniquement sur les combats militaires, il privilégie désormais des attaques ciblées contre les infrastructures économiques. En bloquant les routes commerciales et en sabotant les lignes électriques, il cherche à asphyxier le pays et à déstabiliser le régime de Bamako depuis l’intérieur.

Le Timbuktu Institute souligne que son objectif n’est pas de prendre le pouvoir, mais de provoquer l’effondrement du gouvernement actuel. « Il préfère rester dans l’ombre pour tirer les ficelles à distance », explique l’institut. Cette stratégie représente un défi majeur pour les autorités maliennes, qui doivent désormais protéger non seulement les frontières, mais aussi le quotidien des citoyens.

Un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis entre 2012 et 2013. Affilié à Al-Qaïda, le JNIM est l’un des groupes terroristes les plus actifs au Sahel, opérant au Mali, au Niger et au Burkina Faso.