17 mai 2026

Le Reveil Noir

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Classement de Transparency International : le Mali perd du terrain face à ses voisins

classement 2025 de Transparency International : le Mali recule d’une place dans l’indice de la corruption

Échange d'argent illustrant la corruption au Mali
Transaction financière à Bamako 📷 Studio Tamani/Fondation Hirondelle

Le Mali enregistre un recul significatif dans le dernier classement de Transparency International. En 2025, le pays occupe désormais la 136ᵉ position mondiale, contre la 135ᵉ place en 2024. Une situation d’autant plus préoccupante que le Mali est désormais devancé par le Niger et le Burkina Faso, deux nations membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

L’index de perception de la corruption, qui évalue 182 pays, place le Mali avec une note de 28/100. Un score en deçà des attentes et qui reflète les défis persistants en matière de transparence et de redevabilité dans l’administration publique malienne.

des efforts insuffisants contre la corruption au Mali

Malgré les initiatives gouvernementales annoncées pour renforcer la lutte anticorruption, les résultats peinent à se matérialiser. Ibrahim Harouna Touré, coordinateur régional de l’Observatoire des droits humains et de la paix à Gao, alerte sur les lacunes structurelles du système :

« Les grands projets de l’État manquent cruellement de débats publics et de contradictions. Les procédures de passation des marchés, quant à elles, se déroulent sans aucune redevabilité. »

Selon lui, l’absence de contrôles indépendants et de mécanismes de transparence favorise une gestion opaque des fonds publics :

« Les institutions semblent fonctionner en autarcie, sans reddition de comptes envers les citoyens. L’impression est celle d’une gouvernance sans garde-fous, où chaque acteur dispose d’une liberté totale dans l’administration des ressources étatiques. »

la corruption persiste faute de transparence

Les analyses de la société civile malienne pointent du doigt un manque criant de mécanismes de contrôle. Pour Ibrahim Harouna Touré, la corruption systémique au Mali trouve son origine dans l’absence de surveillance citoyenne et de transparence financière :

  • Opacité dans les marchés publics : Absence de publication des appels d’offres et de leurs résultats.
  • Faible implication des citoyens : Les populations ne sont pas associées aux processus décisionnels.
  • Manque de sanctions : Les responsables impliqués dans des affaires de corruption échappent souvent à des poursuites.

Face à ce constat, les observateurs appellent à une réforme en profondeur des institutions pour instaurer une culture de la redevabilité et de l’intégrité. Sans ces mesures, le Mali risque de voir sa situation se dégrader davantage dans les prochains classements.