Un dénouement heureux marque le retour au Sénégal des supporters incarcérés au Maroc. Après les incidents de la finale de la CAN 2025 à Rabat en janvier, ces citoyens sénégalais ont bénéficié d’une grâce royale de Sa Majesté Mohammed VI, motivée par des considérations humaines, et ont foulé le sol national dimanche matin.
Le dimanche matin, un groupe de supporters sénégalais, précédemment détenus à la suite des affrontements survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 à Rabat en janvier, a regagné le Sénégal. Leur libération fait suite à une décision de grâce accordée la veille par le roi du Maroc, Mohammed VI.
Le cabinet royal a officialisé cette mesure de clémence samedi, soulignant les liens fraternels et historiques unissant le Royaume du Maroc et la République du Sénégal. Cette grâce royale, dictée par des considérations purement humaines, coïncide avec l’approche de l’Aïd al-Adha, dont la célébration est prévue mercredi au Maroc.
Accueil triomphal pour les ‘Champions d’Afrique’
Dans la nuit, l’aéroport international Blaise Diagne, situé à Diamniadio aux abords de Dakar, a été le théâtre de retrouvailles émouvantes. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que des représentants de la Fédération sénégalaise de football, étaient présents pour accueillir les supporters. Arborant une tenue sportive, le président a exprimé sa joie aux journalistes : « Nous sommes ravis de les revoir sur notre sol ». Il a également saisi l’occasion de réaffirmer la position du Sénégal, considérant les Lions comme « champions d’Afrique pour la deuxième fois », malgré le litige en cours devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) concernant ce titre.
Le président Faye a chaleureusement remercié les autorités marocaines pour ce geste de clémence, intervenant à l’approche de la fête de la Tabaski. De son côté, Patrice Motsepe, président de la Confédération Africaine de Football (CAF), a également salué l’initiative royale. Il y a discerné une « illustration éloquente et inspirante de la capacité du football à fédérer et rassembler nos populations, tant sur le continent africain qu’à l’échelle mondiale ».
Les antécédents : condamnations et clémence progressive
Le 18 janvier, la finale de la Coupe d’Afrique des Nations à Rabat avait vu le Sénégal l’emporter 1-0, mais le match fut marqué par une série d’incidents. Après qu’un penalty eut été accordé au Maroc durant le temps additionnel de la seconde mi-temps, et suite à l’annulation d’un but sénégalais, des joueurs du Sénégal avaient quitté la pelouse. Parallèlement, des supporters avaient tenté de pénétrer sur le terrain et lancé divers projectiles, créant une atmosphère de chaos.
En février, la justice marocaine avait prononcé des peines de prison allant de trois mois à un an à l’encontre de dix-huit ressortissants sénégalais. Ces individus étaient poursuivis pour « hooliganisme » et des violences envers les forces de l’ordre. Mi-avril, trois d’entre eux avaient déjà été libérés, ayant purgé la totalité de leur peine de trois mois. La grâce royale de samedi a ainsi permis la libération des quinze supporters restants.
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