30 mai 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

Deux jeunes hommes tués près de l’ortm à Bamako : l’armée justifie les tirs

Une fusillade meurtrière à Bamako

Dans la capitale malienne, deux jeunes hommes ont été abattus aux premières heures de la journée par des militaires en faction près de l’ORTM. L’incident s’est produit vers 5h30 du matin, dans un secteur hautement sécurisé où se trouve également un hôtel de standing. Selon les autorités, les victimes auraient tenté de franchir un barrage malgré les sommations.

Les versions divergent sur les circonstances exactes. Si les militaires évoquent une tentative de forçage, des témoins avancent que les deux jeunes hommes pourraient être des travailleurs saisonniers se rendant à leur lieu de travail. Cette zone, habituellement soumise à des contrôles stricts, est actuellement sous haute surveillance en raison des tensions persistantes.

Des barrages sous haute tension

Les check-points autour de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali ont été renforcés depuis les attaques simultanées menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) dans plusieurs localités du pays, dont Bamako. Les forces armées maliennes, engagées dans des combats contre les groupes armés, sont en alerte maximale.

D’après l’État-major, les deux hommes ont d’abord forcé un premier barrage avant de ne pas obtempérer aux tirs de sommation. Les militaires auraient alors ouvert le feu, entraînant leur mort. Une conductrice ayant préféré garder l’anonymat partage cette analyse : « Dans le contexte actuel, personne n’est censé emprunter cette voie sans autorisation. Les agents étaient en droit d’agir comme ils l’ont fait. »

Des voix discordantes sur la gestion de l’incident

Seyba, un habitant de Bamako, conteste cette version. Pour lui, une approche différente aurait pu permettre de préserver les vies des deux jeunes hommes : « Pourquoi ne pas avoir visé la moto ou leurs jambes pour les neutraliser ? Maintenant, nous ne saurons jamais leurs réelles motivations. Même s’ils étaient suspectés de liens avec des groupes armés, leur mort rend toute enquête impossible. »

Les témoignages recueillis sur place suggèrent que les victimes étaient probablement des travailleurs temporaires, ignorant les nouvelles règles de circulation instaurées pour des raisons de sécurité. Depuis cet incident, les mesures de contrôle ont été encore alourdies autour de l’ORTM, des camps militaires et de l’aéroport international de Bamako-Sénou, désormais réservé aux voyageurs et au personnel autorisé.