12 juillet 2026

Le Reveil Noir

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Diplomatie algéro-malgache : la fin d’une crise de 15 mois entre Bamako et Alger

illustration des relations entre l'Algérie et le Mali

Les relations entre l’Algérie et le Mali entrent dans une nouvelle phase après plus d’une année de tensions diplomatiques intenses. Depuis vendredi, les deux pays ont officialisé la réouverture de leur espace aérien commun et annoncé le retour imminent de leurs ambassadeurs à leurs postes respectifs, mettant fin à une crise qui pesait lourdement sur la stabilité régionale.

Cette reprise des échanges marque un tournant après quinze mois d’un conflit ouvert, déclenché par un incident militaire majeur à la frontière algéro-malienne. Les autorités des deux pays ont conjointement confirmé la levée des mesures de rétorsion réciproques, permettant ainsi aux vols civils et militaires de reprendre leur cours normal.

La guerre des mots et des actes avait commencé en avril 2025, lorsque les relations bilatérales se sont brusquement dégradées. L’escalade a atteint son paroxysme avec un événement qui allait marquer durablement les esprits : l’abattage d’un drone militaire malien par les forces algériennes.

L’incident de Tinzaouaten, point de rupture

Le 31 mars 2025, dans la nuit, un drone de fabrication turque piloté par l’armée malienne a été détruit près de Tinzaouaten, une localité stratégique située dans la région de Kidal, bastion historique des mouvements séparatistes touaregs. Pour Alger, les preuves radar étaient sans appel : l’appareil avait violé l’espace aérien algérien. Une affirmation catégoriquement rejetée par la junte de Bamako, qui a dénoncé une « agression gratuite » dépourvue de tout fondement.

La crise a rapidement pris une dimension régionale. Le Mali, soutenu par ses alliés au sein de la Confédération des États du Sahel (regroupant le Niger et le Burkina Faso), a rappelé son ambassadeur en signe de protestation. En réponse, l’Algérie a riposté en fermant son espace aérien aux vols en provenance ou à destination de Bamako, tout en retirant ses propres représentants diplomatiques.

Un impact direct sur la sécurité au Sahel

Au fil des mois, la crise a dépassé le cadre bilatéral. En septembre 2024, le Mali a saisi la Cour internationale de justice, accusant l’Algérie d’avoir délibérément abattu le drone pour perturber ses opérations contre les groupes armés. Cette action s’est accompagnée d’un retrait du Comité d’état-major opérationnel conjoint, une structure clé dans la lutte antiterroriste au Sahel, initialement impulsée par Alger.

Le saviez-vous ? Pendant plus de dix ans, l’Algérie a joué un rôle central de médiateur dans le conflit opposant Bamako aux groupes touaregs, notamment grâce aux accords d’Alger signés en 2015.

Un contexte géopolitique en pleine mutation

Ce dégel diplomatique survient alors que le paysage politique du Sahel a connu de profondes transformations. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, les juntes au pouvoir à Bamako, Niamey et Ouagadougou ont progressivement tourné le dos à leurs partenaires historiques comme la France ou l’Algérie, privilégiant désormais des partenariats militaires avec la Russie.

Sur le terrain, la situation sécuritaire reste particulièrement alarmante. Depuis 2012, le Mali est en proie à une insurrection djihadiste liée à des groupes comme Al-Qaïda ou l’État islamique. Les attaques récentes, combinées aux pressions exercées par les mouvements touaregs, ont encore fragilisé la position du gouvernement malien. Dans ce contexte, le rétablissement du dialogue avec Alger pourrait s’avérer déterminant pour la stabilité future de la région.