- Santé
- Mercredi 24 juin 2026 – 15:59
Cinq semaines après son apparition, l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo continue de défier les efforts de contrôle en République Démocratique du Congo. Malgré une intensification notable de la riposte, le virus progresse, franchit les frontières et continue de faire des victimes.
L’intensification de la riposte face à l’épidémie d’Ebola en RDC
Des efforts considérables ont été déployés pour contenir le virus Ebola. Les capacités d’accueil des patients ont été multipliées, passant de moins de 10 lits à plus de 500, répartis dans 19 centres de santé au sein des zones touchées. Le dépistage a également connu une augmentation spectaculaire, avec la possibilité de réaliser plus de 2 000 tests par jour dans neuf laboratoires couvrant trois provinces, contre seulement 30 au début de l’épidémie. Plus d’une centaine de guérisons ont été enregistrées, soulignant l’importance d’une prise en charge précoce.
Cependant, le bilan demeure alarmant : 1 094 cas confirmés et 277 décès ont été déplorés à ce jour. Selon le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, la propagation du virus surpasse toujours la rapidité de la réponse. Le traçage des contacts reste insuffisant, les infrastructures d’isolement sont en deçà des besoins, et la pratique des enterrements sécurisés représente un défi constant dans des communautés souvent méfiantes ou difficiles d’accès.
Une propagation transfrontalière et des risques accrus pour la santé mondiale
L’épidémie d’Ebola a désormais dépassé les frontières des provinces congolaises d’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’Ouganda voisin rapporte 20 cas confirmés et deux décès, tous liés à la souche congolaise. Une situation encore plus préoccupante est l’identification d’un premier cas en Europe, en France, chez un médecin humanitaire de l’ONG ALIMA, de retour d’une mission en RDC. Le patient, testé positif au virus Ebola Bundibugyo, est pris en charge dans un établissement spécialisé et son état est stable. Une enquête épidémiologique est en cours pour identifier et suivre ses contacts.
Ce cas met en lumière les risques encourus par les professionnels de santé en première ligne. Près de 80 agents de santé ont été infectés depuis le début de la crise, incitant l’OMS à exhorter les États à garantir des conditions de déploiement sécurisées pour leur personnel humanitaire, incluant des protocoles d’évacuation médicale rapide en cas de contamination.
Des freins structurels et un espoir de traitement
Au-delà des défis sanitaires, la riposte à Ebola est entravée par des contraintes structurelles. Les fermetures de frontières limitent la circulation des équipes et des équipements. Les incidents sécuritaires se multiplient dans une région marquée par des décennies de conflits armés. De plus, les financements se font attendre, alors que l’OMS et l’Africa CDC ont lancé un plan continental de 518 millions de dollars.
Malgré ces obstacles, une lueur d’espoir émerge : un essai clinique pour évaluer deux antiviraux, le MBP134 et le remdesivir, doit débuter la semaine prochaine en RDC. Mené par un consortium incluant l’Institut National de Recherche Biomédicale congolais, l’ONG ALIMA, l’Université d’Oxford et l’OMS, et soutenu par des dons des États-Unis et du laboratoire Gilead Sciences, cet essai pourrait représenter un tournant décisif dans la lutte contre cette épidémie qui, cinq semaines après son déclenchement, reste une menace majeure pour la santé en Afrique et au-delà.
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