FILE - In this photo provided by RIA Novosti, Burkina Faso President Ibrahim Traore arrives at the Grand Palace at the Kremlin in Moscow, Russia, on May 10, 2025. (Stanislav Krasilnikov/RIA Novosti via AP, File)/TOK104/26178271315058/AP PROVIDES ACCESS TO THIS PUBLICLY DISTRIBUTED HANDOUT PHOTO PROVIDED BY RIA NOVOSTI; MANDATORY CREDIT/2606270935
esclavage arabe en Afrique : Ibrahim Traoré dénonce un héritage historique et relance le débat sur l’islam radical
Lors d’une allocution télévisée, le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, a évoqué sans détour les siècles d’esclavage imposés par des puissances arabes aux populations africaines. Une déclaration qui bouscule les certitudes et fait réagir bien au-delà des frontières de l’Afrique.
Le chef de l’État burkinabè n’a pas seulement rappelé un chapitre sombre de l’histoire africaine. Il a également pointé du doigt les dérives actuelles de l’islam radical, soulignant les liens entre un passé oppressif et les menaces contemporaines pesant sur le continent.
« Ces pratiques séculaires ont laissé des cicatrices indélébiles dans la mémoire collective », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Ignorer ce passé, c’est risquer de répéter les mêmes erreurs. » Son intervention intervient dans un contexte où les tensions liées à l’extrémisme religieux prennent de l’ampleur au Sahel.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Dans les milieux musulmans, sa prise de parole a été perçue comme une provocation par certains, tandis que d’autres y voient une nécessaire remise en question des narratives dominantes. Au Burkina Faso, ce discours a été salué par une partie de la population, qui y voit une forme de catharsis nationale.
Un passé qui pèse encore sur le présent
Les historiens s’accordent à reconnaître que l’esclavage pratiqué par les puissances arabes a touché des millions d’Africains entre le VIIe et le XXe siècle. Transitant par des routes commerciales transsahariennes, des hommes, des femmes et des enfants ont été réduits en esclavage, souvent dans des conditions inhumaines.
« Ce phénomène n’a pas seulement été économique ; il a aussi façonné des dynamiques sociales et culturelles qui persistent aujourd’hui », explique un chercheur spécialiste de l’histoire africaine. Les conséquences de cette période se ressentent encore dans les déséquilibres démographiques et les tensions intercommunautaires qui traversent de nombreuses régions du continent.
L’islam radical, héritier d’une histoire trouble ?
Ibrahim Traoré a directement relié cette histoire à la montée de l’islam radical en Afrique. Selon lui, certains groupes extrémistes exploitent les frustrations nées de ces traumatismes historiques pour recruter et radicaliser les jeunes populations.
« Ces mouvements ne sont pas nés par hasard. Ils puisent dans un terreau fertile, nourri par des siècles d’oppression et de mépris », a-t-il affirmé. Son discours s’inscrit dans une volonté de repenser l’identité africaine, en rejetant les influences étrangères qui, selon lui, continuent d’asphyxier le continent.
Les réactions internationales
La déclaration du président burkinabè a suscité des réactions contrastées sur la scène internationale. Certains pays africains ont salué son courage, tandis que des voix en Europe et au Moyen-Orient ont critiqué une approche perçue comme trop radicale.
« Ce n’est pas une question de religion, mais de justice historique », a réagi un militant panafricaniste. « Traoré a le mérite d’ouvrir un débat que beaucoup préfèrent ignorer. »
Dans un contexte où le Sahel est en proie à des violences jihadistes, cette prise de position pourrait aussi servir de catalyseur pour une mobilisation plus large contre l’extrémisme.
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