11 septembre 2026

Le Reveil Noir

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Gabon : le manganèse entre défis logistiques et révolution industrielle

Avec une production qui a chuté à 9,1 millions de tonnes, le manganèse gabonais a mis en lumière les lacunes persistantes de son infrastructure logistique. Les pannes fréquentes et les goulots d’étranglement sur la ligne ferroviaire, notamment le Transgabonais menant au port d’Owendo, ont rythmé le quotidien des acteurs du secteur. Pourtant, le dernier trimestre 2025 a marqué un tournant avec une nette reprise de l’activité.

Cette embellie s’explique par la relance des sites miniers de Moanda et Franceville. Selon les données officielles, l’indice de production nationale a enregistré une hausse de 10,8 % par rapport au trimestre précédent. Mais au-delà de l’extraction, une dynamique nouvelle se dessine : celle de la transformation locale du minerai.

Un virage stratégique a été franchi en juillet 2026. L’État gabonais et le groupe Eramet ont officialisé, à Paris, un accord historique prévoyant la transformation de 700 000 tonnes de manganèse par an d’ici fin 2031. Trois scénarios sont envisagés : moderniser l’usine métallurgique de Moanda, implanter de nouvelles unités à Owendo ou construire une usine dédiée à l’oxyde de manganèse pour batteries près de Libreville.

Face aux interrogations soulevées par la population, le ministère de l’Industrie a tenu à clarifier : cet engagement ne concerne que le groupe Eramet. Les autres exploitants du secteur devront, eux aussi, contribuer à cette transformation locale.

Dans cette optique, Eramet mise sur l’approvisionnement énergétique durable et l’intégration du biocharbon, confirmant ainsi sa volonté de préparer l’échéance de 2029. À cette date, l’exportation de minerai brut sera interdite, poussant le Gabon à accélérer sa mutation industrielle.