11 septembre 2026

Le Reveil Noir

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La gestion des fonds de la Primature au Sénégal sous le feu des critiques

Le débat public au Sénégal s’enrichit d’une nouvelle controverse majeure : la gestion des fonds politiques de la Primature. Badara Gadiaga, chroniqueur de renom, a vivement critiqué l’utilisation de ces dotations discrétionnaires allouées au chef du gouvernement, la qualifiant de « vampirisme ». Il allègue qu’une somme colossale de 1,77 milliard de francs CFA aurait été gérée par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, ne laissant qu’environ 70 millions à son successeur. Cette accusation retentissante, lancée depuis Dakar, braque les projecteurs sur l’opacité persistante de ces crédits, traditionnellement soustraits à l’examen parlementaire.

Une polémique qui vise directement la Primature

Cette affaire met en lumière un aspect délicat du fonctionnement politique sénégalais. Les fonds politiques, distincts des budgets conventionnels, sont destinés aux dépenses de souveraineté et aux actions discrétionnaires du Premier ministre. Leur gestion échappe aux normes habituelles de la comptabilité publique, suscitant souvent des interrogations quant à leur éventuelle utilisation à des fins partisanes. En ciblant directement Ousmane Sonko, personnalité influente de la coalition au pouvoir et leader du Pastef, Badara Gadiaga place cette critique au centre du nouvel exécutif, en place depuis l’alternance politique de mars 2024.

L’écart considérable entre la dotation initiale de 1,77 milliard de francs CFA et le solde supposé de 70 millions de francs CFA attire particulièrement l’attention. Ce déséquilibre flagrant laisse penser qu’une part prépondérante des fonds aurait été dépensée avant le transfert de pouvoir. Pour le chroniqueur, cela témoigne d’une gestion hâtive et en contradiction avec la promesse de sobriété budgétaire formulée par les nouvelles instances dirigeantes. Néanmoins, il est important de souligner que ces affirmations ne sont, pour l’instant, pas corroborées par des justificatifs comptables accessibles au public.

Un débat récurrent sur la transparence budgétaire

Cette polémique s’inscrit dans un contexte de préoccupations de longue date. La société civile et certains acteurs politiques sénégalais appellent depuis des années à une réforme profonde du cadre légal régissant les fonds politiques et les dotations spéciales. Des entités comme le Forum civil, ainsi que plusieurs organisations œuvrant pour la bonne gouvernance, ont insisté sur la nécessité d’une réglementation plus rigoureuse, à l’instar de ce qui a été mis en œuvre dans d’autres nations démocratiques d’Afrique de l’Ouest. Cette problématique rejoint le débat plus vaste sur l’exigence de reddition des comptes et la maîtrise des dépenses extrabudgétaires, un engagement fort du duo Diomaye Faye-Ousmane Sonko lors de leur campagne présidentielle.

En pratique, la Cour des comptes demeure l’instance unique capable d’auditer ces flux financiers en détail. Cependant, ses publications détaillent rarement les budgets alloués spécifiquement à la Primature. Si la différence significative entre la dotation initiale et le montant transféré venait à être avérée, cela soulèverait des questions cruciales sur la concordance entre les principes de changement prônés par les nouvelles autorités et leur gestion concrète des affaires publiques. Cela mettrait également en lumière la pertinence du contrôle interne au sein de la Primature pendant la période de transition.

Un signal politique en pleine recomposition

Les déclarations de Badara Gadiaga prennent une dimension particulière dans le paysage politique actuel. Depuis la désignation d’un nouveau Premier ministre, Dakar est le théâtre d’une réorganisation politique où chaque prise de parole est analysée avec attention. La complexité des relations au sein de la coalition dirigeante, combinée aux efforts d’une opposition en quête de renouveau, amplifie l’intensité des discussions autour de la gestion financière. Cette controverse renforce les critiques politiques adressées à Ousmane Sonko par ses opposants, qui lui reprochent d’avoir massivement utilisé les fonds de la Primature avant son départ.

Actuellement, aucune réaction officielle n’a émané des services de la Primature. Les partisans de l’ancien Premier ministre pourraient justifier les dépenses par la nécessité de préparer des échéances politiques et administratives importantes, ainsi que par les besoins opérationnels des différents cabinets. Sans une divulgation transparente des transactions financières, ce débat pourrait se limiter à une confrontation communicationnelle, dépourvue de preuves concrètes. Cependant, la proposition d’un audit indépendant, soutenue par de nombreuses personnalités, pourrait prendre de l’ampleur si cette controverse venait à perdurer. Ces accusations de Badara Gadiaga s’inscrivent dans une réflexion plus large sur la gestion des deniers publics au sein des plus hautes sphères de l’État sénégalais.