Le Maroc, pilier stratégique entre l’Afrique et l’Europe, renforce son partenariat avec la BEI
- La présidente de la Banque européenne d’investissement a rencontré Nasser Bourita et Nadia Fettah à Rabat.
- Des accords combinant prêts et subventions soutiendront les transports ferroviaires et autoroutiers.
La visite inaugurale de Nadia Calviño, présidente de la Banque européenne d’investissement (BEI), au Maroc, a clairement mis en lumière le rôle essentiel de ce pays nord-africain comme carrefour entre le continent africain et l’Europe. Cette première incursion officielle a souligné l’importance stratégique du Royaume dans la coopération régionale.
Un partenaire stratégique pour l’Europe
Au terme de son séjour au Maroc, qui a marqué le 21e anniversaire de l’implantation permanente de la BEI dans le pays, Madame Calviño a eu un entretien significatif avec Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.
À l’issue de cette rencontre, la présidente de la BEI a réaffirmé l’engagement de l’institution à soutenir la trajectoire de croissance, de prospérité et de développement social du Maroc. Elle a décrit le Royaume comme un « partenaire stratégique pour l’Europe », soulignant son importance pour la stabilité régionale.
Madame Calviño a également insisté sur le fait que le Maroc représente aujourd’hui un « pilier de stabilité, de sécurité et de prospérité partagée pour l’Afrique et le voisinage européen ». Cette visite, a-t-elle précisé, s’inscrit dans la volonté de consolider davantage le partenariat stratégique existant entre la BEI et le Maroc.
Un plan spécifique pour les transports
La présidente de la BEI a également rencontré Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, pour évaluer l’état de la coopération et approfondir les détails du plan d’investissement proposé par l’institution européenne.
Durant son passage à Rabat, Madame Calviño a officialisé la signature de plusieurs accords avec le gouvernement marocain. Ces accords incluent des prêts et des subventions européennes, spécifiquement alloués aux infrastructures de transport et à la résilience structurelle du pays.
Le volet dédié aux transports prévoit un financement de 365 millions d’euros, visant à renforcer la résilience des réseaux ferroviaires et autoroutiers du Maroc face aux défis futurs.
Sur cette somme, 15 millions d’euros constituent une subvention européenne spécifiquement orientée vers des mesures d’adaptation au changement climatique pour le réseau ferroviaire, sous la gestion de l’Office national des chemins de fer (ONCF) du Maroc. À cela s’ajoutent 50 millions d’euros sous forme de prêt de la BEI.
Les 300 millions d’euros restants de ce programme sont destinés à améliorer la résilience et la sécurité des autoroutes, et seront administrés par la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM).
Cette initiative s’aligne parfaitement avec la stratégie globale de la BEI, qui vise à soutenir ses pays partenaires dans la transition vers des systèmes de transport plus sûrs et plus durables.
12 000 millions en 50 ans
Depuis l’établissement de sa coopération avec le Maroc il y a près de cinq décennies, la BEI a déjà injecté plus de 12 milliards d’euros. Ces fonds ont été mobilisés pour soutenir une multitude de secteurs clés, allant des petites et moyennes entreprises (PME) aux énergies renouvelables, en passant par la santé, l’eau et l’éducation.
Dans le secteur de l’éducation, Nadia Calviño a effectué une visite symbolique dans une école publique de Rabat. Elle y a assisté à une prestation musicale donnée par un groupe de jeunes, s’inscrivant dans le cadre du projet « Morocco 88 ».
Le projet « Morocco 88 » est une initiative éducative et sociale pour les jeunes, qui met en place des clubs musicaux extrascolaires dans les lycées marocains. Il vise à stimuler l’éducation, la cohésion sociale et le développement de la jeunesse. Ce programme bénéficie du soutien du ministère de l’Éducation nationale du Maroc, ainsi que de l’appui de la Banque européenne d’investissement.
Profitant de son déplacement, la présidente a accordé un entretien où elle a salué les réformes économiques audacieuses initiées sous le règne de Mohammed VI. Ces réformes ont considérablement consolidé le cadre macroéconomique et financier marocain, renforçant ainsi la confiance des investisseurs internationaux et facilitant la mobilisation d’investissements à grande échelle pour le développement du pays.
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