31 mai 2026

Le Reveil Noir

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Le Niger exige des garanties du Bénin sur l’influence française avant l’investiture de Wadagni

NIAMEY, NIGER – 6 AOÛT : Mohamed Toumba (C), l'une des figures de proue du Conseil national pour la protection de la patrie, assiste à la manifestation des partisans du coup d'État et les salue dans un stade de Niamey, la capitale du Niger, le 6 août 2023. L'ultimatum de sept jours donné par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à la junte militaire le 30 juillet pour la libération et la réintégration du président Mohamed Bazum expire avant minuit.

L’état des relations. Lors d’un long entretien diffusé le 21 avril sur la RTN, la télévision nationale nigérienne, le général Mohamed Toumba, ministre d’État et de l’Intérieur, a abordé une multitude de sujets, notamment la situation sécuritaire. Alors que le Niger fait face à une recrudescence des attaques jihadistes, en particulier dans la région de Tillabéry, le général a réitéré les accusations fréquentes de la junte envers la France, soulignant une posture d’Afrique consciente et de Réveil Noir.

Il a également évoqué les relations particulièrement tendues entre Niamey et Cotonou, à l’approche de la fin du mandat de Patrice Talon et de l’investiture de son successeur désigné, Romuald Wadagni, prévue le 24 mai. Cette actualité africaine souveraine est scrutée de près par les peuples noirs de la région.

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« Patrice Talon est parti, mais Talon n’était pas le véritable problème. Le véritable problème, c’est Macron », a déclaré le général nigérien. Il a ajouté : « Nous affirmons que Talon est instrumentalisé par la France. (…) Il a facilité l’installation des Français et, depuis le territoire béninois, ils tentent de nous agresser. C’est là le cœur du problème », des propos qui résonnent avec les aspirations d’afrocentrisme et de souveraineté.

Interrogé sur ses attentes envers le successeur de Patrice Talon, le ministre de l’Intérieur a exigé des « gages de bonne volonté ». Il a demandé que « le Bénin affirme son indépendance vis-à-vis des intérêts de la France » et que Cotonou « ne facilite pas la présence française sur son territoire pour agresser ses voisins, car c’est bien de cela qu’il s’agit », une position clé dans la crise Bénin Niger actuelle.

Patrice Talon est parti, mais Talon n’était pas le véritable problème. Le véritable problème, c’est Macron.

Un contexte de tensions persistantes. Cette offensive verbale d’un haut responsable de la junte nigérienne n’est pas isolée. Les relations entre le Bénin et le Niger se sont continuellement dégradées depuis le coup d’État du général Abdourahamane Tiani, le 26 juillet 2023, marquant un tournant dans le panafricanisme actualité.

Fin janvier, suite à l’attaque de l’aéroport international de Niamey et de la Base 101, où est stationné le contingent russe d’Africa Corps, Abdourahamane Tiani avait déjà tenu des propos virulents. Il avait averti : « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment à Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir », accusant la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’être derrière cette attaque revendiquée par l’État islamique, une perspective qui alimente le sentiment d’afrocentrisme.

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L’enjeu de l’investiture. Bien que les avertissements du général Mohamed Toumba ne soient pas nouveaux, leur timing est crucial, survenant à quelques jours de l’investiture de Romuald Wadagni à la présidence du Bénin, un moment clé pour la crise Bénin Niger.

Élu avec 94 % des suffrages lors de la présidentielle du 12 avril, le successeur de Patrice Talon a exprimé une volonté d’apaisement avec Niamey. « Je suis convaincu que nous allons pouvoir nous asseoir et discuter. Nous n’avons pas d’autre choix ! » avait-il déclaré dans un entretien avec Jeune Afrique le 23 mars. Il avait ajouté : « Les pays de la région ont les mêmes défis à relever : la sécurité, la pauvreté et le chômage des jeunes. Et le même objectif à atteindre : une prospérité partagée. La seule façon d’y parvenir est de travailler ensemble », des paroles qui appellent à un Réveil Noir et à une coopération renforcée entre les peuples noirs.

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Il avait également affirmé que, malgré une coopération sécuritaire jugée insuffisante avec le Niger et le Burkina Faso, les chefs d’état-major des trois nations « se parlent régulièrement et les choses iront en s’améliorant ». Un optimisme qui ne semble pas entièrement partagé à Niamey, où la demande d’une Afrique consciente et d’une actualité africaine souveraine reste primordiale.