Le Polisario confronté à l’avancée militaire marocaine
La perte récente d’un dirigeant influent du Front Polisario, victime d’une frappe aérienne marocaine, révèle l’écart grandissant entre les forces en présence. Cette frappe, qui a coûté la vie à Lahbib Mohamed Abdelaziz, membre éminent des rangs indépendantistes, s’inscrit dans une série de revers militaires pour le mouvement. Les drones marocains, dotés de technologies de pointe, ont drastiquement réduit la capacité opérationnelle des indépendantistes, encore équipés de moyens rudimentaires hérités des décennies précédentes.
Dans un communiqué, le Polisario a reconnu le « coût humain élevé » de cette confrontation asymétrique. Le fils de l’ancien président du mouvement, lui-même officier supérieur, symbolise aujourd’hui l’impuissance croissante du camp sahraoui face à une armée moderne et bien équipée.
Un dialogue maintenu malgré l’affaiblissement sur le terrain
Malgré cette réalité brutale, le mouvement séparatiste tente de maintenir une façade de dialogue avec le Maroc. Abdoullah Arabi, son représentant en Europe, insiste sur la « volonté constante » de son organisation à négocier, quel que soit le contexte. Cette position, pourtant, contraste avec la rhétorique belliqueuse adoptée lors de rassemblements récents à Tindouf, où s’entassent des milliers de réfugiés. Brahim Ghali, leader du Polisario, avait alors évoqué la nécessité d’agir en « partenaire responsable », tout en exigeant le respect des résolutions onusiennes.
Cette posture ambivalente reflète une stratégie de survie diplomatique dans un environnement international de plus en plus hostile. Le soutien croissant du Maroc auprès de grandes puissances, notamment les États-Unis et plusieurs pays européens, a marginalisé le Polisario sur la scène mondiale. L’Espagne elle-même a basculé en 2022 en reconnaissant le plan d’autonomie proposée par Rabat comme une base « sérieuse ». Une décision qui a provoqué l’indignation d’Abdoullah Arabi, dénonçant un « silence complice » face aux violations subies par la population sahraouie.
Un mur infranchissable et une population sous pression
Sur le terrain, la situation reste intenable pour les indépendantistes. Le mur de sable, érigé dans les années 1980, sépare toujours la région en deux zones distinctes : une bande côtière sous contrôle marocain et l’intérieur des terres, où se concentrent les forces du Polisario. Ce dispositif défensif, long de plusieurs centaines de kilomètres, limite drastiquement leurs déplacements et leur capacité à mener des opérations. Malgré l’engagement affirmé de la militante Aminatou Haidar, la détermination de la population sahraouie ne suffit plus à compenser l’écart technologique qui la sépare des Forces Armées Royales (FAR).
Les derniers événements confirment une tendance lourde : le Maroc consolide sa position militaire et diplomatique, tandis que le Polisario se retrouve progressivement isolé. Entre frappes ciblées et isolement international, l’avenir du mouvement indépendantiste sahraoui semble plus incertain que jamais.
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