21 mai 2026

Le Reveil Noir

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Lomé, capitale du commerce africain : l’appel de Faure Gnassingbé pour une Afrique des résultats

Un discours sans ambiguïté. Lors de l’ouverture de la troisième édition du forum Biashara Afrika, à Lomé, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a appelé les dirigeants africains à quitter le terrain des ambitions pour celui des résultats économiques tangibles. Il a insisté sur la nécessité de transformer les promesses politiques en actions concrètes, afin de booster durablement la croissance et l’intégration du continent.

Lomé s’impose désormais comme l’épicentre du commerce africain pragmatique. La capitale togolaise a accueilli cette année encore les décideurs du continent pour la 3ᵉ édition de Biashara Afrika. Organisé conjointement par le Secrétariat de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et le gouvernement togolais, ce forum de haut niveau dédié au commerce et aux investissements intra-africains a lancé une offensive ambitieuse pour dynamiser les échanges sur le continent.

Le Togo, modèle d’intégration économique en marche

Le chef de l’État togolais n’a pas seulement évoqué des principes : il a présenté son pays comme un exemple concret de ce que peut accomplir l’Afrique. Lomé, grâce à sa position stratégique, mise sur des infrastructures d’exception pour incarner la force de la ZLECAf :

  • Un réseau de connectivité régionale optimisé pour accélérer les flux commerciaux.
  • Un pôle logistique de premier ordre, s’appuyant sur son port en eau profonde, le seul de ce type en Afrique de l’Ouest.
  • Des réformes structurelles audacieuses, saluées pour leur impact positif sur l’environnement des affaires.

Par ce biais, le Togo démontre qu’une intégration économique africaine peut générer des bénéfices immédiats, à condition que la volonté politique s’aligne sur les besoins des entreprises du continent.

ZLECAf : un marché colossal aux défis persistants

L’enjeu de la ZLECAf dépasse toutes les initiatives économiques mondiales. Ce projet vise à unifier un espace commercial aux dimensions exceptionnelles :

Les chiffres clés de la ZLECAf

  • 55 pays membres, couvrant tout le continent.
  • Un marché de 1,4 milliard de consommateurs.
  • Un produit intérieur brut cumulé estimé à 3 400 milliards de dollars.

Pourtant, malgré ce potentiel immense, des obstacles majeurs freinent encore les échanges intra-africains. Le forum Biashara Afrika a ciblé les principaux goulots d’étranglement : suppression des barrières non tarifaires, réduction des lacunes infrastructurelles, amélioration de l’accès aux financements. Les participants ont également souligné l’urgence de renforcer les chaînes de valeur, aujourd’hui trop fragmentées, et d’intégrer pleinement les petites et moyennes entreprises (PME), souvent exclues des flux transfrontaliers.

De la théorie à l’action : la ZLECAf doit passer à l’exécution

« Il est temps de passer des paroles aux actes », a lancé un entrepreneur kényan lors du forum, reprenant l’appel lancé par Faure Gnassingbé. Un économiste nigérian a renchéri : « La ZLECAf ne pourra gagner en crédibilité que si les PME y trouvent leur place. » Ces témoignages reflètent l’urgence ressentie par les acteurs économiques pour une application rapide et inclusive de la zone de libre-échange.

Biashara Afrika s’inscrit dans une vision géopolitique plus large : celle d’une Afrique déterminée à peser davantage dans les échanges mondiaux. La ZLECAf est perçue comme une réponse stratégique aux défis de la mondialisation et aux tensions commerciales internationales.

À Lomé, le message est sans appel : l’Afrique dispose désormais des outils juridiques, des ressources naturelles et du capital humain nécessaires. Le défi n’est plus dans l’élaboration de l’avenir, mais dans sa concrétisation immédiate.