16 juillet 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

L’or du Cameroun drainé vers les émirats : les réseaux troubles derrière l’export illégal

L’or camerounais s’échappe : des milliards partis vers Dubaï sans contrôle

Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua au Cameroun, une fièvre de l’or s’est emparée des populations. Des centaines de sites miniers illégaux prospèrent, échappant à toute régulation étatique. Pourtant, derrière cette activité minière chaotique se cache un phénomène bien plus inquiétant : l’or camerounais, extrait dans des conditions souvent précaires, quitte le pays en masse pour atterrir à Dubaï, où il est transformé et commercialisé sans aucune transparence.

Des réseaux criminels, bénéficiant de complicités locales, orchestrent ce trafic juteux. Malgré les efforts des autorités pour renforcer le contrôle, ces organisations parviennent à contourner les dispositifs de surveillance, privant ainsi l’État camerounais de ressources financières colossales.

Des régions camerounaises sous l’emprise de l’or illégal

L’Est et l’Adamaoua, deux régions camerounaises où l’exploitation aurifère est particulièrement active, constituent le cœur de cette économie souterraine. Les mineurs, souvent des travailleurs précaires, extraient l’or dans des conditions dangereuses, sans protection ni sécurité. Pourtant, une fois extrait, ce métal précieux ne reste pas sur le sol national : il est rapidement acheminé vers des destinations étrangères, principalement Dubaï, où il est recyclé et revendu sur les marchés internationaux.

Les routes d’exportation empruntent des voies détournées, évitant les postes de contrôle officiels. Les réseaux criminels s’appuient sur des complicités au sein des administrations locales et nationales, facilitant ainsi la circulation illégale de l’or. Résultat : des milliards de dollars quittent le Cameroun chaque année, sans que l’État ne puisse en tirer profit.

Un manque criant de régulation étatique

Malgré la présence de lois censées encadrer l’exploitation minière, leur application reste défaillante. Les autorités camerounaises peinent à imposer leur autorité sur ces territoires où l’or illégal représente une manne financière inégalée. Les sanctions sont rares, et les fraudeurs continuent leurs activités en toute impunité. Cette situation aggrave la crise économique du pays, déjà fragilisé par d’autres défis structurels.

Les populations locales, quant à elles, n’en retirent que des miettes. Les bénéfices de cette exploitation massive profitent presque exclusivement aux réseaux criminels et à leurs complices, tandis que les mineurs travaillent dans des conditions proches de l’esclavage moderne.

Dubaï, plaque tournante de l’or camerounais

La destination finale de cet or illégal est souvent Dubaï, où les règles de traçabilité sont quasi inexistantes. Une fois sur place, le métal est fondu, transformé en lingots ou en bijoux, puis réexporté vers d’autres marchés. Les autorités émiraties, bien que conscientes de ces flux, peinent à mettre fin à ces pratiques, faute de coordination internationale suffisante.

Ce commerce illégal prive le Cameroun de ressources essentielles pour son développement. Les milliards de dollars qui s’envolent chaque année pourraient financer des infrastructures, des services publics ou des projets sociaux, mais ils échappent totalement au contrôle de l’État.

Des solutions existent-elles ?

Pour mettre fin à ce phénomène, une coopération renforcée entre les autorités camerounaises et leurs homologues internationaux est indispensable. Des systèmes de traçabilité modernes, comme la blockchain, pourraient être mis en place pour suivre la provenance de l’or et garantir sa légalité. Par ailleurs, des sanctions plus sévères contre les complices locaux des réseaux criminels pourraient dissuader les fraudeurs.

Sans une volonté politique forte et une répression accrue, l’or camerounais continuera de s’échapper vers Dubaï, privant le pays de ressources vitales et alimentant des réseaux criminels toujours plus puissants.

Mineurs artisans travaillant dans un site minier artisanal à Betare Oya, Cameroun