29 juillet 2026

Le Reveil Noir

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Mali : comment le Jnim asphyxie Bamako et menace les énergies régionales

Au Mali, l’étau se resserre autour de Bamako sous l’effet d’une stratégie jihadiste de plus en plus audacieuse. Le groupe Jnim, affilié à al-Qaïda, a intensifié ses actions en incendiant une dizaine d’autocars sur l’axe Ségou-Bamako, artère vitale reliant la capitale à l’est du pays. Parallèlement, des infrastructures électriques liées au barrage de Manantali, dans la région de Kayes, ont été délibérément endommagées. Malgré les efforts répétés de l’armée malienne, l’économie du pays continue de subir un étau grandissant.

Manantali, cœur énergétique sous la menace jihadiste

L’attaque contre les équipements de Manantali n’est pas un simple incident isolé. Ce barrage, géré conjointement par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal au sein de l’OMVS, représente un pilier du réseau électrique malien. En détruisant ses lignes d’évacuation, le Jnim ne cible plus seulement les forces armées : il frappe l’économie urbaine dans ses fondations. Les conséquences se font immédiatement sentir, paralysant services publics, commerces et industries à Bamako.

Cette campagne s’inscrit dans une logique de guerre prolongée. Depuis plusieurs semaines, les jihadistes multiplient les attaques contre les convois de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, transformant la pénurie en arme politique. Leur objectif ? Éroder le soutien populaire envers le gouvernement de transition dirigé par le général Assimi Goïta. La capitale, autrefois moins exposée, devient désormais le centre névralgique d’une bataille d’usure.

L’armée malienne en première ligne face à l’asphyxie

Face à cette offensive tous azimuts, l’armée malienne poursuit ses opérations terrestres et aériennes. Des escortes militaires ont permis l’arrivée de centaines de camions-citernes à Bamako ces derniers jours, offrant un répit temporaire aux stations-service en tension. Pourtant, cette avancée logistique reste fragile : chaque convoi exige des ressources considérables, et la sécurisation durable des axes routiers semble hors de portée à court terme.

Les Forces armées maliennes (FAMa) se trouvent prises en étau. À l’ouest et au centre, le Jnim multiplie les embuscades et les sabotages d’infrastructures. Au nord, dans la région de Kidal, la situation reste bloquée dans un équilibre précaire, tandis que de nouveaux affrontements avec le Cadre stratégique permanent s’annoncent inévitables. Le pouvoir de Bamako doit gérer cette double crise avec des moyens humains et matériels de plus en plus réduits.

Une crise qui dépasse les frontières maliennes

Le blocus imposé au Mali dépasse aujourd’hui le cadre national. Les économies voisines, notamment celles du Sénégal, de la Mauritanie et de la Côte d’Ivoire, subissent de plein fouet le ralentissement des corridors commerciaux ouest-africains. Les ports de Dakar et d’Abidjan, essentiels pour l’hinterland sahélien, voient leur trafic diminuer. La Confédération des États du Sahel, regroupant Mali, Burkina Faso et Niger, peine à coordonner une riposte face à cette guerre économique menée par les groupes armés.

L’attaque contre Manantali soulève une question cruciale : celle des infrastructures partagées au sein de l’OMVS. Une aggravation des dommages aurait des répercussions directes sur l’approvisionnement électrique du Sénégal et de la Mauritanie, transformant une crise locale en problème régional. Les partenaires internationaux, qu’ils soient bailleurs de fonds ou fournisseurs militaires, devront trancher entre le soutien à la souveraineté malienne et la protection des réseaux énergétiques transfrontaliers.

Sur le terrain, le décalage entre les annonces militaires et la réalité d’une capitale sous pression illustre l’ampleur inédite de cette phase du conflit. Le Jnim ne se contente plus de contrôler des territoires : il cherche désormais à étouffer un État dans son ensemble. Les prochains jours pourraient voir de nouveaux affrontements, notamment autour de Kidal, où les tensions restent à leur paroxysme.