Les groupes armés opérant dans le centre du Mali ne se contentent plus de mener des attaques contre les forces de sécurité. Ils ont trouvé une source de financement bien plus lucrative : l’exploitation illégale des ressources minières, notamment l’or. Depuis plusieurs mois, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, impose sa loi aux orpailleurs chinois présents dans les zones sous son influence.
Une stratégie économique au service des ambitions militaires
Les jihadistes du Jnim ont perfectionné une méthode redoutable pour générer des revenus. Plutôt que de se limiter aux rançons et aux taxes imposées aux populations locales, ils ciblent désormais les sites d’exploitation aurifère exploités par des entreprises étrangères, principalement chinoises. Ces dernières, attirées par le potentiel minier du Mali, opèrent souvent sans protection suffisante, ce qui les rend vulnérables aux pressions.
Les jihadistes n’hésitent pas à saisir les équipements, à détourner les minerais ou à exiger des tributs en échange de leur « protection ». Ces fonds illicites leur permettent de financer l’achat d’armes, le recrutement de combattants et la logistique de leurs opérations. Une économie de guerre qui s’est révélée particulièrement efficace pour renforcer leur emprise territoriale.
Des méthodes brutales pour imposer leur domination
Les rapports des sociétés minières et des observateurs sur place confirment que les méthodes employées par le Jnim sont systématiquement coercitives. Les orpailleurs étrangers sont sommés de payer des « impôts révolutionnaires » sous peine de représailles. Certains sites ont même été entièrement confisqués, forçant les entreprises à négocier sous la menace.
Les zones les plus touchées se situent dans les régions de Mopti et Ségou, où les groupes armés contrôlent désormais des pans entiers de l’économie locale. Les autorités maliennes, déjà affaiblies par une décennie d’insécurité, peinent à endiguer ce phénomène. Les forces armées, en sous-effectif et en manque de moyens, ne peuvent garantir la sécurité des sites industriels.
Un enjeu stratégique pour le Mali
Cette situation pose un défi majeur pour le gouvernement de Bamako. D’une part, la perte de contrôle sur les ressources minières prive l’État de revenus essentiels. D’autre part, la présence persistante de groupes armés dans ces zones menace la stabilité économique du pays. Les investisseurs étrangers, de plus en plus méfiants, pourraient réduire leurs activités, aggravant ainsi la crise.
Face à cette menace, les autorités maliennes tentent de renforcer la collaboration avec les pays voisins et les organisations internationales. Cependant, les solutions durables restent complexes à mettre en œuvre, notamment en raison de l’instabilité politique persistante et des tensions internes.
Quel avenir pour les mines maliennes ?
À court terme, la situation des orpailleurs chinois ne devrait pas s’améliorer. Les groupes armés, forts de leurs nouvelles ressources, continueront probablement à étendre leur influence. Les entreprises minières devront soit accepter de payer le prix de leur sécurité, soit quitter les zones à risque.
Pour le Mali, l’enjeu est double : sécuriser ses richesses naturelles tout en restaurant la confiance des investisseurs. Une tâche ardue dans un contexte où la guerre fait rage depuis plus de dix ans.
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