11 septembre 2026

Le Reveil Noir

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Maroc et espagne : les tensions persistent sur Ceuta et Melilla

Maroc et Espagne : un dialogue sous tension autour de Ceuta et Melilla

Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a réaffirmé la position du Royaume concernant les villes de Ceuta et Melilla, qu’il considère comme des territoires marocains. Lors d’un entretien, il a souligné que ces revendications historiques restaient d’actualité et que le dossier était toujours « sur la table » des discussions entre Rabat et Madrid. Une stratégie de longue haleine, basée sur le dialogue et la patience, a-t-il précisé, tout en rappelant que ce sujet revenait régulièrement lors des échanges bilatéraux.

Sur le volet migratoire, Abdellatif Ouahbi a pointé du doigt la responsabilité de l’Espagne dans la gestion des mineurs marocains non accompagnés ayant franchi la frontière les 30 et 31 juillet. Il a également critiqué l’attitude espagnole, qui exige du Maroc de limiter les traversées irrégulières, alors que les migrants parvenant en territoire espagnol bénéficient de procédures légales une fois sur place.

Le ministre a insisté sur la nécessité d’une collaboration équitable entre les deux pays pour lutter contre la migration irrégulière, rejetant l’idée que le Maroc doive endosser le rôle de « gendarme de l’Europe ». Selon lui, une approche commune et des critères juridiques partagés sont indispensables pour traiter ce défi commun.

L’Espagne rejette catégoriquement les revendications marocaines

Face à ces déclarations, le ministère espagnol des Affaires étrangères a réagi avec fermeté. Dans un communiqué, il a rappelé que la souveraineté de Ceuta et Melilla était « internationalement reconnue » et que leur statut « n’avait jamais été discuté et ne le serait jamais ». Les responsables diplomatiques ibériques ont ainsi clos toute ambiguïté sur la position de Madrid.

Les réactions politiques espagnoles divisent

Lors d’une visite à Ceuta, le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a évité soigneusement d’aborder la question territoriale. Il s’est concentré sur la crise migratoire récente, saluant la volonté du Maroc de reprendre les mineurs marocains entrés illégalement lors des vagues de traversée.

En revanche, le président de Melilla, Juan José Imbroda, issu du Parti populaire (PP), a adopté un ton bien plus virulent. Interrogé sur la position marocaine, il a lancé : « À quoi vous servent Ceuta et Melilla si vous ne gérez même pas vos propres ressources et que vos jeunes fuient ? » Il a qualifié la situation migratoire de « camouflet international pour le Maroc » et l’a appelé à « gérer cette crise avec dignité ».

Le ministère marocain de l’Intérieur a, pour sa part, mis en avant la « responsabilité partagée » dans la gestion des flux migratoires vers Ceuta. Il a également alerté contre les appels en ligne incitant à de nouvelles traversées massives le 15 août, rappelant que la lutte contre l’immigration irrégulière et les trafics d’êtres humains ne pouvait reposer sur un seul pays.