15 juin 2026

Le Reveil Noir

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Martin ziguélé s’inquiète de la trajectoire politique et économique en Centrafrique

Plusieurs semaines après l’investiture de Faustin Archange Touadéra, marquant l’avènement de la VIIe République, Martin Ziguélé, figure emblématique de l’opposition, ancien chef de gouvernement et leader du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MLPC), a de nouveau pris la parole. Son intervention survient dans un contexte politique en Centrafrique marqué par des tensions persistantes et des frictions aiguës entre le pouvoir en place et l’opposition.

Interrogé depuis Bangui, Martin Ziguélé dresse un constat particulièrement sombre de la situation nationale. Selon l’ancien Premier ministre, après une décennie de gestion par l’administration actuelle, le quotidien des Centrafricains n’a pas connu d’amélioration significative. Il insiste avec force sur la nécessité impérieuse d’instaurer un véritable échange entre les responsables politiques et l’ensemble des acteurs de la société civile afin d’inverser cette tendance préoccupante.

Pour étayer son argumentation, l’opposant met en lumière des données alarmantes concernant la pauvreté en République Centrafricaine. En 2016, plus de la moitié de la population vivait déjà sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1 000 francs CFA par jour. Les projections pour 2026 sont encore plus sombres, anticipant que près des deux tiers des habitants pourraient se retrouver dans cette situation précaire. À ces défis socio-économiques s’ajoutent des problèmes structurels profonds, tels que l’accès limité à l’eau potable et à l’électricité, la dégradation avancée des réseaux de transport et la prolifération des barrages illégaux entravant la circulation sur les routes.

Le recul des filières agricoles illustre également, selon Ziguélé, le déclin économique du pays. Des productions autrefois florissantes se sont effondrées de manière spectaculaire ; la culture cotonnière, qui atteignait jadis environ 100 000 tonnes, stagnerait aujourd’hui autour de 2 000 tonnes. Quant aux productions historiques comme le café, elles ne disposent plus de statistiques fiables, témoignant d’une désorganisation profonde du secteur. Face à ce tableau, Martin Ziguélé est convaincu que la relance économique et le redressement national passeront par un vaste chantier englobant des réformes politiques et économiques d’envergure.

L’impératif du dialogue pour la relance nationale

Aux yeux de Martin Ziguélé, la concertation entre les différentes sensibilités politiques n’est pas une option, mais une condition sine qua non pour l’avenir du pays. En démocratie, le dialogue doit être perçu comme un instrument fondamental pour dénouer les blocages et construire un consensus. Il rappelle que la majorité de la population centrafricaine réside en zone rurale et subit de plein fouet les conséquences de l’enclavement et de l’effondrement des chaînes de production et de distribution.

Après son investiture le 30 mars 2026, le Président Faustin Archange Touadéra avait présenté un bilan globalement positif de ses deux mandats précédents, tout en reconnaissant l’existence de défis majeurs à surmonter. Cependant, pour Martin Ziguélé, sans une concertation large et véritablement sincère, impliquant toutes les forces vives de la nation, il sera extrêmement difficile d’engager les réformes nécessaires et d’assurer le redressement durable de la République Centrafricaine.