17 mai 2026

Le Reveil Noir

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Paludisme au Burkina Faso : chute record des cas et décès en 2025 vers l’élimination d’ici 2030

paludisme au Burkina Faso : une avancée majeure vers l’élimination d’ici 2030

Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la santé

Le Burkina Faso a atteint une étape décisive dans sa lutte contre le paludisme, une maladie endémique que le pays s’est fixé d’éradiquer d’ici 2030. Les chiffres de 2025 révèlent une baisse historique des cas et des décès liés à cette pathologie, confirmant l’efficacité des stratégies déployées. L’annonce a été faite par le ministre de la Santé, le Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, lors d’une conférence de presse à Ouagadougou.

des chiffres encourageants : une réduction sans précédent

Les données officielles montrent une diminution spectaculaire des cas de paludisme au Burkina Faso. En un an, le nombre de cas est passé de 10 805 000 en 2024 à 7 329 000 en 2025, soit une chute de 32 %. Chez les enfants de moins de 5 ans, la baisse atteint 38 %, avec une réduction de plus de 1,9 million de cas.

Côté mortalité, la tendance est tout aussi marquée. Les décès liés au paludisme sont passés de 3 523 en 2024 à 1 900 en 2025, soit une diminution de 48 %. Chez les jeunes enfants, le recul est encore plus marqué : 893 décès évités en 2025 par rapport aux années précédentes.

des stratégies gagnantes pour un objectif ambitieux

Le Dr Kargougou a souligné que ces résultats sont le fruit d’une volonté politique forte, portée par le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso. « Cette progression est le résultat d’une vision claire, axée sur l’accès aux soins pour tous et la protection des populations », a-t-il déclaré. Il a également mis en avant l’engagement du gouvernement et la mobilisation des acteurs nationaux et internationaux.

Plusieurs leviers ont contribué à cette réussite :

  • Un renforcement des interventions à haut impact : vaccination contre le paludisme, distribution massive de moustiquaires imprégnées, et utilisation du CPS+ (combinaison préventive saisonnière) ;
  • Une communication adaptée pour encourager les changements de comportement ;
  • Une coordination multisectorielle via le Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme (CONAMEP), garantissant une approche intégrée ;
  • Un financement durable et une implication communautaire renforcée.

Le ministre a insisté sur l’importance de ces mesures : « L’élimination du paludisme ne peut se réaliser sans une mobilisation de tous les secteurs et une adhésion active des populations ».

la révolution des moustiquaires : un outil clé

Parmi les avancées majeures, la distribution universelle et gratuite de moustiquaires bi-imprégnées a marqué un tournant. Près de 15 millions de moustiquaires de nouvelle génération ont été distribuées, avec pour objectif un taux d’utilisation d’au moins 80 %. Ces moustiquaires, plus résistantes aux résistances aux insecticides, se sont révélées bien plus efficaces que les modèles précédents.

Cette campagne a été menée par plus de 33 000 volontaires communautaires et 7 000 agents de santé, couvrant même les zones difficiles d’accès. Leur action a permis de renforcer l’appropriation locale et de créer un sentiment de responsabilité collective face à la maladie.

la vaccination contre le paludisme : une première historique

Autre innovation majeure : le déploiement à grande échelle de la vaccination gratuite contre le paludisme, lancée le 14 août 2025 dans les 70 districts sanitaires du pays. Cette initiative, inédite au Burkina Faso, marque une étape clé dans la prévention de la maladie.

une bataille de comportements et d’engagement social

Pour le Dr Kargougou, ces résultats sont aussi le signe que la lutte contre le paludisme repose avant tout sur l’évolution des pratiques individuelles et collectives. « La mobilisation communautaire et la sensibilisation ont été au cœur de notre stratégie », a-t-il expliqué. Les actions mises en place incluent :

  • Des campagnes d’information ciblées, adaptées aux réalités locales ;
  • L’implication des leaders communautaires et religieux ;
  • Des sensibilisations porte-à-porte ;
  • Un engagement médiatique fort pour diffuser les bonnes pratiques.

Ces efforts ont permis de transformer les outils de prévention en gestes concrets : dormir sous moustiquaire, vacciner les enfants, et consulter rapidement en cas de fièvre.

un appel à l’union sacrée pour l’éradication

Le ministre a conclu en appelant tous les acteurs à poursuivre cette dynamique : collectivités territoriales, société civile, partenaires techniques et financiers, médias et citoyens. « Ensemble, nous avons prouvé qu’il est possible de réduire significativement le paludisme. Ensemble, nous parviendrons à l’éliminer au Burkina Faso », a-t-il lancé avec conviction.