Quarante-neuf jours. Cette durée record d’absence du président camerounais Paul Biya hors du territoire national alimente les interrogations. Depuis son départ le 7 juin pour un séjour privé en Europe, aucune apparition publique n’a été enregistrée. Dans les couloirs des médias de Yaoundé, l’inquiétude grandit à mesure que les jours s’écoulent.
Un séjour genevois sous haute surveillance
Comme en 2024, les rumeurs placent Paul Biya dans un hôtel de Genève. Le gouvernement a tenté de rassurer l’opinion en démentant toute hospitalisation dans une clinique locale, sans pour autant fournir d’images ou de preuves tangibles pour étayer ses dires.
Lors d’une émission télévisée dominicale, un représentant du parti au pouvoir a affirmé avoir croisé le président en pleine forme à l’hôtel InterContinental de Genève. Pourtant, aucune photographie ni vidéo n’a été diffusée pour confirmer cette version, laissant planer un doute sur une possible opération de communication.
Chantal Biya, pivot d’un pouvoir en suspens
Cette fois, l’épouse du président, Chantal Biya, semble jouer un rôle accru dans la gestion des affaires de l’État. Son nom circule même autour de certaines nominations, et sa présence systématique à ses côtés lors de ses déplacements en Suisse renforce l’idée d’un accès désormais filtré au chef de l’État.
Le Cameroun, dépourvu de vice-président, reste vulnérable en cas de vacance du pouvoir. Selon la Constitution, c’est le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, qui devrait assurer l’intérim. Une procédure jamais testée dans ces circonstances, qui suscite l’appréhension parmi les acteurs politiques. L’atmosphère, déjà électrique depuis plusieurs mois, ne favorise pas la sérénité.
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