Paul Nsapu alerte sur la dégradation des droits humains dans l’est de la RDC
Lors d’un débat organisé mardi à Kinshasa, Paul Nsapu, président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), a dressé un bilan contrasté de la situation des droits humains sous le régime du président Félix Tshisekedi. Si des progrès législatifs ont été enregistrés, la réalité sur le terrain révèle deux dynamiques distinctes selon les régions.
Des violations structurelles persistantes à Kinshasa
Dans la capitale et ses environs, les atteintes aux droits humains restent principalement liées aux droits civils et politiques ainsi qu’aux droits économiques et sociaux. Nsapu souligne que ces violations découlent des échecs accumulés des gouvernements successifs, caractérisés par un manque de développement et une détérioration des conditions de vie des populations. Parmi les droits les plus touchés figurent :
- Le droit au travail
- L’accès à la santé
- Le droit à l’éducation
- Les libertés fondamentales
L’expert en droits humains pointe du doigt l’absence de politiques publiques efficaces et la corruption généralisée comme facteurs aggravants de cette situation.
Un « noyau dur » de violations dans l’est du pays
La situation prend une dimension dramatique dans les provinces de l’est de la RDC, notamment au Nord-Kivu, Sud-Kivu et dans une partie de l’Ituri. Paul Nsapu y décrit un déni systématique des droits fondamentaux, avec des atteintes quotidiennes aux droits les plus essentiels :
- Le droit à la vie
- Le droit à la sécurité
- La liberté individuelle
Le président de la CNDH attribue cette détérioration alarmante à plusieurs facteurs :
- La présence de l’armée rwandaise sur le territoire congolais
- L’activisme des groupes armés locaux, souvent soutenus par des puissances étrangères
- L’incapacité de l’État congolais à exercer sa souveraineté dans ces zones
« Ces violations ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une stratégie délibérée visant à déstabiliser la région », a-t-il déclaré lors de l’interview.
Des solutions urgentes pour inverser la tendance
Face à ce constat, Paul Nsapu appelle à une mobilisation nationale et internationale pour :
- Renforcer la protection des civils dans les zones de conflit
- Exiger le retrait des forces étrangères non autorisées
- Lutter contre l’impunité des groupes armés et des responsables des violations
- Améliorer les conditions socio-économiques pour réduire les tensions
Il insiste sur la nécessité d’une approche holistique combinant actions humanitaires, pression diplomatique et réformes institutionnelles.
Paul Nsapu, président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), lors de son intervention.
Conclusion : une crise des droits humains aux multiples facettes
La déclaration de Paul Nsapu met en lumière la complexité de la crise des droits humains en RDC. Si des progrès sont possibles à Kinshasa, l’est du pays fait face à une situation d’urgence humanitaire nécessitant une intervention immédiate. La communauté internationale et les acteurs locaux sont appelés à unir leurs efforts pour protéger les populations et restaurer la dignité humaine dans ces régions.
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