3 juin 2026

Le Reveil Noir

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Procès martinez zogo : une vidéo glaçante projetée à Yaoundé

Le procès de l’assassinat de Martinez Zogo, figure médiatique camerounaise, s’est poursuivi ce lundi à Yaoundé. Une vidéo inédite, retrouvée dans les données d’un des accusés, a été projetée à l’audience. Elle montre l’animateur, le visage ensanglanté et les mains liées, implorant de l’aide. Un document accablant qui a profondément marqué l’assistance.

Un procès sous haute tension à Yaoundé

Ce lundi, le tribunal militaire de Yaoundé a entendu le témoignage du Professeur Georges Bell Bitjocka, expert en informatique judiciaire. Ce dernier a analysé les données des téléphones des accusés, révélant des éléments clés pour l’instruction. Parmi eux, des captures d’écran et surtout cette vidéo terrifiante, jamais diffusée jusqu’alors.

Dans ces images, Martinez Zogo apparaît visiblement torturé : une entaille à l’oreille, le visage couvert de sang, les bras attachés dans le dos. Des détails qui ont provoqué une émotion intense dans la salle d’audience. Plusieurs personnes, dont des proches de la victime, ont fondu en larmes en découvrant ces scènes insoutenables.

Des réactions fortes dans l’enceinte du tribunal

L’avocat de la radio Amplitudes FM, Ludovic Zabze, a partagé son ressenti après la projection : « À la fin de la vidéo, j’ai détourné le regard. J’ai observé les accusés. Ils étaient eux-mêmes abattus. C’est une scène d’une violence inouïe. »

Les images proviennent du compte Google de Godje Oumarou, l’un des membres présumés du commando ayant participé à l’enlèvement et à l’exécution de l’animateur. Ce document, retrouvé parmi ses données personnelles, pèse lourdement dans l’accusation.

Les liens troubles entre les accusés

Les échanges entre les suspects, notamment ceux du 17 janvier 2023, ont également été examinés. Ce soir-là, Justin Danwe, ancien directeur des opérations à la Direction générale de la Recherche extérieure (DGRE), aurait ordonné à un complice de « prendre les images de la souris ». Une expression qui, selon l’enquête, désignait Martinez Zogo.

Pour maître Séri Zokou, avocat de Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la DGRE, « aucun lien direct ne peut être établi entre son client et les faits reprochés ». Il a souligné que les éléments incriminants n’avaient aucun rapport avec son client, précisant que les preuves avaient été transmises à la commission d’enquête puis au juge d’instruction.

Les principaux accusés et leur rôle présumé

Parmi les 17 accusés renvoyés en jugement, figurent Léopold Maxime Eko Eko, ancien patron de la DGRE, Jean-Pierre Amougou Belinga, patron du groupe de presse L’Anecdote, et Stéphane Martin Savom, maire de Bibey. Tous sont détenus et attendent leur verdict.

Le Professeur Georges Bell Bitjocka a également examiné les téléphones d’autres accusés, dont Bruno Bidjang. Pour maître Calvin Job, avocat des ayants droit de Martinez Zogo, « si le tribunal s’appuie sur ce rapport, il aura déjà accompli l’essentiel de sa mission. »

Rappel des faits : une affaire qui a ébranlé le Cameroun

Le 22 janvier 2023, les Camerounais découvrent avec stupeur le corps sans vie de Martinez Zogo, 51 ans. L’animateur, connu pour ses émissions percutantes à la radio, était une voix critique contre les abus de pouvoir et les dysfonctionnements de la société camerounaise. Il épargnait cependant le président Paul Biya dans ses diatribes.

Enlevé la veille au soir dans la capitale, il est retrouvé nu, à près de 25 kilomètres de Yaoundé, portant les stigmates d’une violence extrême. Son enlèvement, sa torture et son assassinat ont marqué un tournant dans l’histoire judiciaire du pays.

Après des années de tergiversations, le procès s’est ouvert le 25 mars 2024. Les débats sur le fond ont débuté en septembre 2025, sous le regard attentif d’une nation en quête de vérité et de justice.