11 septembre 2026

Le Reveil Noir

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RDC : le CNSA agit pour la libération des prisonniers politiques avant un dialogue national

rDC : le CNSA agit pour la libération des prisonniers politiques avant un dialogue national

Manifestation pour la libération des prisonniers politiques en rDC

En République démocratique du Congo, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) a lancé une initiative majeure : le recensement des prisonniers politiques et d’opinion. Cette démarche s’inscrit dans une volonté d’apaiser les tensions avant l’organisation d’un dialogue national inclusif, attendu par l’ensemble des acteurs politiques.

Le CNSA insiste sur le caractère universel du droit, rappelant que le droit n’a pas de couleur. Son objectif ? Établir une liste exhaustive des détenus concernés, afin que le président Félix Tshisekedi puisse examiner leurs dossiers et, le cas échéant, ordonner leur libération. Une mesure perçue comme un préalable indispensable pour créer un climat de confiance propice aux discussions.

Une initiative pour rétablir l’équité juridique

Joseph Olenghankoy, président du CNSA, a souligné les irrégularités observées dans les détentions prolongées sans jugement. « Dans les 48 heures suivant une arrestation, les personnes doivent être déférées devant leurs juges naturels. Pourtant, certains détenus croupissent en prison depuis près de six mois sans aucune procédure judiciaire », a-t-il déclaré. Pour le CNSA, il est urgent de corriger ces entorses au droit et de garantir l’égalité de traitement pour tous les citoyens congolais.

Parmi les personnalités évoquées figure Aubin Minaku, vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), ainsi qu’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du même parti. Tous deux pourraient figurer sur la liste des détenus à libérer, selon les critères définis par le CNSA.

Joseph Olenghankoy, président du CNSA, lors d'une conférence de presse

« Notre rôle est d’identifier ces cas et de les soumettre à l’autorité compétente pour qu’elle prenne les mesures nécessaires. La libération de ces détenus est un pas essentiel vers la réconciliation nationale », a ajouté Joseph Olenghankoy.

Le PPRD salue l’initiative du CNSA

La famille politique du PPRD a réagi avec enthousiasme à cette annonce. « Si cette initiative permet la libération de nos camarades emprisonnés, nous ne pouvons que l’appuyer », a déclaré Lucain Kasongo, cadre du parti. Il a cité les noms d’Aubin Minaku, d’Emmanuel Ramazani Shadary, ainsi que ceux de Dunia Kilanga et Parole Kamizelo, parmi les détenus dont la libération est réclamée.

Des condamnations à mort à reconsidérer

L’organisation Justicia ASBL, spécialisée dans la défense des droits humains, a récemment transmis au ministre de la Justice une liste de près d’une centaine de prisonniers politiques et d’opinion. Parmi eux, des figures condamnées à mort, comme l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC/M23.

Timothée Mbuya, coordonnateur de Justicia ASBL, a plaidé pour l’annulation de ces condamnations. « Une mesure politique est nécessaire pour lever ces sentences. Cela contribuerait à renforcer la confiance entre les différentes forces politiques et à faciliter l’organisation d’un dialogue inclusif », a-t-il expliqué.

Alors que les appels au dialogue se multiplient en rDC, l’initiative du CNSA pourrait-elle enfin déboucher sur des actions concrètes ? La libération des prisonniers politiques et la révision des condamnations à mort seront-elles les premiers pas vers une réconciliation nationale durable ?