11 septembre 2026

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RDC : l’épidémie d’Ebola gagne une nouvelle province et menace les voisins

RDC : l’épidémie d’Ebola gagne une nouvelle province et menace les voisins

Illustration de la lutte contre l'épidémie d'Ebola en RDC

L’épidémie d’Ebola, considérée comme la plus meurtrière jamais enregistrée en République démocratique du Congo (RDC), s’étend désormais à une sixième province. Les autorités sanitaires locales craignent une propagation vers le Soudan du Sud, pays voisin déjà en alerte.

Les autorités congolaises ont officiellement déclaré la 17e épidémie d’Ebola le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard par rapport à son apparition. Cette flambée, déjà la plus grave de l’histoire du pays, a enregistré plus de 2 128 décès pour 4 566 cas confirmés en seulement trois mois.

À titre de comparaison, la précédente épidémie la plus meurtrière, survenue entre 2018 et 2020, avait entraîné près de 2 300 morts pour 3 500 cas en deux ans.

Jusqu’à présent, cinq provinces étaient touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Cependant, une nouvelle province vient d’être ajoutée à cette liste : le Bas-Uélé, située au nord du pays et frontalière avec la République centrafricaine.

Selon Jean Kaseya, directeur de l’Africa CDC, une personne est décédée du virus dans cette région après s’être déplacée depuis le Haut-Uélé, où des cas avaient déjà été identifiés. « Cette épidémie progresse à un rythme sans précédent », a-t-il alerté lors d’une conférence en ligne.

Les chiffres confirment cette inquiétude : en trois mois, l’épidémie actuelle en RDC a enregistré sept fois plus de cas et cinq fois plus de morts que lors des trois premiers mois de la flambée d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé son espoir de renverser cette tendance d’ici trois mois, malgré les défis persistants.

Des corridors à haut risque vers le Soudan du Sud

L’ONG Mercy Corps a tiré la sonnette d’alarme concernant le risque de propagation vers le Soudan du Sud. « Les cas confirmés se trouvent désormais à seulement 35 kilomètres de la frontière », a-t-elle précisé dans un communiqué. Les déplacements le long des corridors frontaliers, déjà fragilisés par l’insécurité, aggravent cette menace.

La riposte sanitaire est également entravée par des obstacles majeurs : des centres de santé saturés, un accès limité à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires sûres, ainsi qu’une méfiance persistante des populations locales.

Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les violences entre l’armée congolaise et le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, compliquent davantage l’intervention des équipes médicales. Ces conflits ont coupé certaines zones en deux, rendant l’accès aux populations encore plus difficile.

Une lueur d’espoir dans le Sud-Kivu

Un rare motif de satisfaction provient du Sud-Kivu, où aucun nouveau cas n’a été enregistré depuis plus de 42 jours. Les autorités sanitaires y ont officiellement déclaré la fin de l’épidémie ce lundi.

En revanche, une alerte avait été lancée début août après la détection d’un décès suspect d’Ebola à bord d’un bateau naviguant sur le fleuve Congo en direction de Kinshasa. Les passagers, placés en quarantaine, n’ont finalement pas développé la maladie.

Avec plus de 15 000 morts en 50 ans sur le continent africain, l’Ebola reste une menace majeure pour la santé publique, se transmettant par contact avec les fluides corporels et provoquant des fièvres hémorragiques dévastatrices.