Une étude récente, fruit du travail d’un collectif d’organisations de la société civile et appuyée par le Centre d’études pour l’action sociale (Cepas), révèle un bilan mitigé de l’exécution des décisions gouvernementales en RDC. De façon alarmante, seulement 25% des engagements pris lors des conseils des ministres entre avril et décembre 2025 se sont traduits par des réalisations concrètes sur le terrain.
L’indice d’exécution global, après une analyse approfondie, s’établit à 47 sur 100. Ce chiffre met en évidence, selon les auteurs du rapport, une réelle volonté de leadership politique, mais également un décalage prononcé entre les orientations stratégiques impulsées au plus haut niveau et la capacité effective de mise en œuvre par les différentes structures.
Durant cette période de neuf mois, environ 70 décisions à caractère structurant ont été passées au crible. Au-delà du quart des décisions intégralement exécutées, l’étude indique que 45% d’entre elles ont été partiellement réalisées. Un pourcentage non négligeable de 30% des décisions reste cependant non documenté, faute d’informations disponibles pour en évaluer l’avancement.
Les domaines couverts par ces résolutions ministérielles sont variés et essentiels pour le développement de la République démocratique du Congo. Ils englobent la sécurité et la stabilité institutionnelle, la gouvernance économique et financière, la gestion responsable des ressources naturelles, les réformes institutionnelles indispensables, la diplomatie stratégique, ainsi que les politiques sociales visant l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Le rapport souligne une « difficulté persistante » pour le gouvernement de la RDC à transformer les résolutions en « résultats pleinement observables et durables ». Christian Moleka, membre du collectif à l’origine de ce monitoring, précise que « les décisions les plus structurantes, notamment celles liées aux réformes institutionnelles, économiques ou sociales, sont souvent celles qui connaissent les niveaux d’exécution les plus faibles, tandis que les mesures conjoncturelles ou sécuritaires progressent plus rapidement. »
Parallèlement à la publication de ce rapport, une nouvelle plateforme numérique de contrôle et de suivi de l’action publique, baptisée « Jua 243 », a été dévoilée. Cet outil innovant est conçu pour offrir une surveillance en temps réel des activités gouvernementales, renforçant ainsi la transparence et la redevabilité.
Le père Alain Nzadi, directeur du Cepas, a tenu à clarifier l’intention derrière cette initiative. Il a affirmé que l’objectif principal de l’étude n’est ni de juger ni de sanctionner l’action publique, mais plutôt de contribuer de manière constructive à l’amélioration continue de la gouvernance. Il s’agit de fournir aux décideurs, aux partenaires et aux citoyens des analyses pertinentes pour mieux appréhender les dynamiques de mise en œuvre des politiques.
En conclusion, le père Nzadi a insisté sur l’importance de ces démarches qui s’inscrivent dans une approche de redevabilité constructive. Selon lui, « toute décision publique gagne en valeur lorsqu’elle peut être suivie, évaluée et appréciée à l’aune de ses résultats concrets. » Cette perspective est cruciale pour une Afrique consciente et une actualité africaine souveraine, où la transparence et l’efficacité de la gouvernance sont primordiales pour les peuples noirs de la RDC.
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