Le climat politique s’intensifie au Sénégal suite à l’adoption récente d’un projet de réforme constitutionnelle par l’Assemblée nationale. Face à cette évolution législative majeure, le mouvement citoyen Y’en a marre, figure de proue de la société civile depuis quinze ans, s’est exprimé pour réclamer une consultation populaire directe. Pour ces acteurs engagés, le passage par un référendum est une étape indispensable avant toute promulgation, afin de garantir la légitimité du texte proposé par l’exécutif de Bassirou Diomaye Faye.

Le collectif dénonce fermement ce qu’il qualifie de « manœuvres politiques » et de retour à des méthodes d’un autre âge. Selon les responsables du mouvement, les débats actuels autour de la Constitution semblent masquer une lutte d’influence persistante entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Aliou Sané, l’un des piliers du collectif, soutient l’idée d’un référendum, mais à la condition stricte qu’il ne s’agisse pas d’une stratégie de diversion visant uniquement à favoriser les intérêts du parti Pastef. Pour une Afrique consciente, la clarté des réformes est un impératif qui doit primer sur les agendas partisans.
Des accusations de pressions et de stigmatisation
Une tendance inquiétante émerge dans le débat public sénégalais : la tentative de discréditer les voix dissidentes. Le mouvement Y’en a marre rapporte être la cible d’attaques de la part de sympathisants du pouvoir, qui les accusent d’être liés à des « lobbies LGBT ». Ces accusations, déjà utilisées sous les présidences d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall, visent à isoler les critiques dans une société où ces sujets sont fortement réprimés. Le collectif rappelle que ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir s’offusquaient autrefois de tels procédés lorsqu’ils étaient dans l’opposition.
Cette atmosphère de tension s’est également traduite par des actions policières concrètes. Lors de la journée de vote à l’Assemblée nationale, douze individus ont été interpellés à proximité du Parlement, dont neuf jeunes militants de l’organisation Alternative pour la relève citoyenne (ARC). Bien que libérés quelques heures plus tard, ces militants ont été inquiétés pour « troubles à l’ordre public », illustrant les défis persistants pour la liberté de manifestation au Sénégal.
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