10 juin 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

Réforme constitutionnelle en RDC : les églises du réveil et l’église catholique s’affrontent

En République démocratique du Congo, la réforme constitutionnelle en débat

Le projet de révision de la Constitution porté par les autorités congolaises suscite de vifs débats au sein de la société civile. Alors que certaines institutions religieuses apportent leur soutien à cette initiative, d’autres, notamment l’Église catholique, appellent à la prudence et à la préservation des principes démocratiques en vigueur depuis 2006.

Cette réforme, qui vient d’être adoptée par les députés nationaux sous forme de proposition de loi référendaire, divise plus que jamais les acteurs politiques et religieux du pays. Entre aspirations à une meilleure gouvernance et craintes de dérive institutionnelle, le sujet cristallise les tensions.

Les Églises du réveil en faveur d’une refonte des institutions

Les Églises du réveil, représentées notamment par leur président Evariste Ejiba Yamampia, défendent activement la réforme constitutionnelle. Selon eux, la Constitution actuelle ne reflète plus les réalités politiques et économiques du pays. Cette révision permettrait, selon eux, de renforcer la souveraineté nationale, d’améliorer la gouvernance et d’optimiser l’exploitation des ressources du pays.

L’archevêque Yamampia souligne que « cette réforme est une question de souveraineté, de bonne gouvernance et de développement. Elle offre la possibilité de mieux gérer les richesses nationales et d’éliminer les structures budgétaires inefficaces ».

L’Église catholique met en garde contre les risques pour la démocratie

L’Église catholique, par la voix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), adopte une position plus mesurée. Bien que n’ayant pas encore pris de position officielle, le Conseil de l’apostolat des laïcs catholiques (CALCC) rappelle l’importance de la Constitution actuelle, considérée comme un pilier de la démocratie congolaise.

Faustin Onombili, président du CALCC, insiste sur « l’attachement de l’Église catholique à la Constitution de 2006, socle de notre jeune démocratie. Elle appelle au dialogue, à la sagesse et rappelle que le pouvoir est un service. Les citoyens congolais doivent rester vigilants face aux enjeux politiques actuels ».

L’opposition dénonce un projet aux relents autoritaires

Le projet de réforme constitutionnelle n’échappe pas aux critiques de l’opposition politique. La Coalition Article 64, qui regroupe plusieurs formations politiques, qualifie cette initiative de « coup d’État constitutionnel » et menace de saisir les instances judiciaires.

Initialement prévue pour déposer une plainte mardi, l’opposition a finalement reporté cette action afin de concentrer ses forces sur un sit-in prévu devant le Parlement. Le débat autour de cette réforme s’intensifie à l’approche du référendum, révélant une fracture profonde entre partisans et détracteurs d’une révision des institutions.