28 avril 2026

Répression accrue contre la société civile au Mali après le coup d’état

répression accrue contre la société civile au Mali après le coup d’état

Depuis le coup d’État de 2021, les autorités maliennes multiplient les actions pour restreindre la liberté d’association au Mali. La dissolution récente de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM), accusée de violences et de détention illégale d’armes et de stupéfiants, s’inscrit dans cette tendance. Pourtant, cette organisation n’est que la dernière d’une longue série de structures civiles dissoutes en quelques mois seulement.

des dissolutions successives d’organisations critiques

Le 6 mars, les autorités ont interdit la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants (CMAS) de l’Imam Mahmoud Dicko, un mouvement réclamant un retour à un régime démocratique. Les responsables l’ont qualifiée de menace pour la sécurité publique et de facteur de déstabilisation. Quelques semaines plus tôt, Kaoural Renouveau, un parti politique, subissait le même sort sous prétexte de propos jugés diffamatoires et subversifs. Enfin, fin décembre 2023, l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance, qui supervisait la transparence électorale, a été dissous après des déclarations de son président jugées troubles à l’ordre public.

une répression systématique de la dissidence et des médias

Le durcissement des mesures s’étend bien au-delà des associations. Depuis 2021, les forces de sécurité ont intensifié leur contrôle sur les médias, l’opposition politique et les voix dissidentes. En mars 2024, le colonel Alpha Yaya Sangaré, auteur d’un livre dénonçant les exactions de l’armée malienne, a été arrêté puis porté disparu. Cette affaire illustre la répression croissante contre les lanceurs d’alerte au Mali.

des alertes internationales sur la liberté d’association

La Commission nationale des droits de l’homme du Mali a récemment alerté sur les menaces pesant sur les libertés civiques, dénonçant une « tendance systémique » de dissolution d’associations et de partis politiques. De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a exprimé des inquiétudes similaires, soulignant l’urgence de préserver l’espace civique au Mali.

un espace civique en péril depuis trois ans

Alors que le Mali célèbre bientôt trois ans sous un gouvernement non élu, la liberté d’expression, de manifestation et d’association se réduit comme peau de chagrin. Les organisations dissoutes doivent être rétablies sans délai, et les autorités sont appelées à respecter les droits fondamentaux de leurs citoyens.