Les scrutins présidentiels organisés en Afrique en 2025 ont confirmé une tendance inquiétante : l’opposition est systématiquement muselée avant même le lancement officiel des campagnes. Parmi les exemples les plus frappants, Djibouti et le Bénin, où les élections d’avril 2026 ont vu s’imposer des candidats sortants avec des scores écrasants. À Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh a été réélu pour un sixième mandat avec 97,8 % des voix, tandis qu’au Bénin, Romuald Wadagni a hérité de la présidence avec 94 % des suffrages. Des résultats qui laissent peu de place au doute sur la nature des processus électoraux.

À Djibouti, l’un des principaux opposants, Alexis Mohamed, a renoncé à se présenter. Si les raisons évoquées incluent des craintes pour sa sécurité, les frais de candidature exorbitants ont joué un rôle décisif. Ces coûts prohibitifs, bien plus qu’un simple obstacle logistique, transforment les élections en une formalité dénuée de toute compétition réelle. Comme le soulignent de nombreux observateurs, ces scrutins s’apparentent davantage à des cérémonies de validation qu’à des consultations démocratiques.

L’argent, nouvelle arme de verrouillage politique

Le phénomène n’est pas isolé. Sur l’ensemble du continent, les candidats d’opposition se heurtent à des barrières financières souvent insurmontables. Les frais de dépôt de candidature, les dépenses de campagne et les exigences administratives pèsent lourd dans la balance, au point de rendre toute opposition viable quasi impossible. Résultat : les élections deviennent des rituels sans enjeu, où la victoire du sortant est actée avant même l’ouverture des bureaux de vote.

Cette stratégie de verrouillage ne se limite pas à quelques pays. En Afrique, la pratique s’installe comme une norme, sapant les fondements mêmes de la démocratie électorale. Les candidats indépendants ou issus de petits partis, même déterminés, se retrouvent systématiquement exclus du jeu politique par des contraintes financières disproportionnées. Une situation qui interroge sur l’avenir des processus démocratiques sur le continent.