La fracture entre le président Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, semble désormais irréversible. L’annonce de la création prochaine d’un parti politique par le locataire du Palais de la République confirme cette tendance. Après des mois de tensions, les espoirs d’une réconciliation s’amenuisent.
Les observateurs se demandent si Diomaye Faye parviendra à concrétiser ses ambitions. Rien n’est moins certain. Les priorités des Sénégalais pourraient bien être reléguées au second plan dans ce jeu politique.
Un parti politique pour consolider son influence
Avec une coalition regroupant plus de 300 maires sur les 600 que compte le pays, Diomaye Faye dispose d’un solide réseau. À cela s’ajoute l’accès aux leviers de l’État, un atout de taille pour attirer de nouveaux adhérents. Pourtant, cette stratégie suffira-t-elle à garantir sa stabilité politique ? Rien n’est moins sûr.
La récente formation du gouvernement a révélé les limites de son influence au sein du PASTEF. Une réalité qui aurait motivé sa décision de créer son propre parti. En Afrique, les dirigeants ont souvent le contrôle total des partis qui les ont portés au pouvoir. Or, dans le cas présent, c’est Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, qui détient les rênes du PASTEF.
Le PASTEF dans la tourmente
Les réformes adoptées à l’Assemblée nationale réduisent encore davantage les marges de manœuvre de Diomaye Faye, notamment l’interdiction pour un président de la République d’être à la tête d’un parti politique. Une situation qui pousse à la création de sa propre formation, une manœuvre politique classique sur le continent.
Cette décision, bien que légitime, risque d’aggraver les tensions au sein du PASTEF. La rivalité entre les deux hommes pourrait diviser les militants et affaiblir le parti. Certains craignent même que le PASTEF ne se fragilise davantage, au moment où une opposition déterminée pourrait en profiter.
Une instabilité politique aux conséquences lourdes
Plutôt que de travailler ensemble pour répondre aux attentes des Sénégalais, les deux leaders semblent préférer une lutte de pouvoir. Cette division pourrait entraîner des élections anticipées, avec un coût économique et social élevé pour un pays déjà fragilisé.
Le Sénégal, souvent cité comme un modèle de démocratie en Afrique, risque de voir sa stabilité politique compromise. Une cohabitation de fait s’installe déjà, et les conséquences pourraient être difficiles à surmonter. Si Diomaye Faye et Ousmane Sonko veulent éviter de marquer l’histoire du Sénégal par un échec, il est encore temps de faire marche arrière.
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