La grogne contre la hausse du coût de la vie s’est matérialisée samedi dans les rues de Dakar. À l’appel de la campagne « 30 Jours pour le Juste Prix », plusieurs dizaines de citoyens ont battu le pavé pour dénoncer la flambée des prix, des loyers et de l’électricité. Le cortège, parti du quartier des Castors, a rejoint le rond-point Jet-d’Eau, portant des paniers et ustensiles de cuisine vides, symboles d’un quotidien devenu difficile pour de nombreux foyers.
Un mouvement né sur la toile
L’initiative a vu le jour sur les réseaux sociaux, portée par des consommateurs et des créateurs de contenu. Avant même la marche, plus de 3 000 personnes avaient manifesté leur soutien en ligne. L’influenceur Bathie Drizzy, co-initiateur, a tenu à préciser que le mouvement est apolitique : « Aucun acteur politique n’est derrière nous », a-t-il affirmé, soulignant que l’objectif est d’interpeller les autorités sur les difficultés économiques des populations.
Des revendications concrètes
Au-delà des denrées alimentaires, dont la viande qui a vu son prix grimper (le bœuf passant de 4 000 à 5 500 francs CFA le kilo, le mouton jusqu’à 7 000 francs), les manifestants ont mis en avant le coût du logement et de l’électricité, notamment le système prépayé Woyofal. Cette diversification des griefs élargit la portée du mouvement, qui ne se limite plus à la seule cherté des produits de première nécessité.
Des réactions politiques
La marche a suscité des réactions, dont celle d’Aldiouma Sow, présenté comme conseiller du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une publication sur Facebook, il a critiqué la mobilisation, appelant les jeunes à privilégier le travail et dénonçant un « messianisme populiste ». Cette sortie, bien que non officielle, témoigne de l’écho du mouvement dans la sphère présidentielle. Parallèlement, la presse sénégalaise continue de faire écho à la vie chère, indiquant que le sujet s’installe dans le débat public.
La suite du mouvement
Les organisateurs entendent poursuivre leurs actions. Le collectif « 30 Jours pour le Juste Prix » a salué la mobilisation et promis de nouvelles initiatives. Le gouvernement, qui a récemment inscrit le pouvoir d’achat parmi ses priorités, avec des mesures annoncées lors du Conseil des ministres du 2 septembre pour renforcer le contrôle des prix et accélérer la régulation des loyers, se trouve désormais face à une pression citoyenne grandissante.
Un mouvement à suivre
Si la mobilisation reste principalement portée par des citoyens et des acteurs du web, son potentiel est réel. Elle touche à des préoccupations universelles : l’alimentation, le logement, l’énergie et le pouvoir d’achat. La question posée par les « paniers vides » est simple et directe : quel est le coût réel de la vie pour un ménage sénégalais, et que peut faire le gouvernement pour l’alléger ?
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