12 mai 2026

Sénégal : la croissance industrielle explose à 23,9 % en septembre 2025

Le Sénégal affiche une croissance industrielle spectaculaire en septembre 2025, avec une progression de 23,9 % en glissement annuel. Cette performance, qui propulse le produit intérieur brut (PIB) à 4,2 % sur les douze derniers mois, positionne le pays parmi les économies les plus dynamiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Une avancée qui confirme le rôle clé de l’industrie comme levier de développement national.

Cette hausse structurelle ne relève pas d’un simple effet conjoncturel. Elle s’appuie sur l’expansion des capacités productives engagée ces dernières années, notamment dans les secteurs extractif et manufacturier. L’exploitation des nouveaux gisements d’hydrocarbures, le renforcement de l’agro-industrie et la résilience des industries chimiques dessinent un modèle économique moins centré sur le tertiaire, offrant une base plus diversifiée à la croissance.

Les hydrocarbures et l’extraction tirent l’industrie vers le haut

Les activités extractives jouent un rôle central dans cette dynamique. Le champ pétrolier de Sangomar, entré en production, et le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim – développé en partenariat avec la Mauritanie – renforcent durablement les comptes nationaux. Ces deux projets ont révolutionné les exportations du Sénégal et élargi les marges budgétaires de l’État, dans un contexte où Dakar cherche à optimiser ses ressources financières.

Les branches manufacturières, quant à elles, affichent une croissance alignée sur cette tendance. L’agroalimentaire, la cimenterie et la chimie minérale, portées par des acteurs comme les Industries chimiques du Sénégal (ICS), bénéficient d’une demande intérieure solide et d’un regain des commandes régionales. L’effet multiplicateur touche également les services annexes, comme le transport et la logistique, qui élargissent encore la base de la croissance.

Un PIB à 4,2 % qui redéfinit la position économique du Sénégal

Avec un taux de croissance annuel de 4,2 %, l’économie sénégalaise retrouve une trajectoire comparable aux moyennes d’avant la pandémie, après plusieurs trimestres de révisions à la baisse. Ce chiffre reste cependant en deçà des prévisions initiales du gouvernement, qui anticipait une croissance plus élevée au lancement du cycle pétrolier. L’écart s’explique par un contexte international moins favorable et une prudence accrue des investisseurs face aux ajustements budgétaires en cours.

Pour le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, l’enjeu majeur consiste à transformer cette vague industrielle en emplois durables et en recettes fiscales pérennes. Dans le cadre de la stratégie Sénégal 2050, l’accent est mis sur la transformation locale pour réduire la dépendance aux importations et gravir les échelons des chaînes de valeur. La performance de septembre constitue un argument concret en faveur de cette politique, à condition que la tendance se maintienne au dernier trimestre.

Les défis à ne pas négliger

Malgré ces résultats encourageants, plusieurs points de vigilance subsistent. La progression à deux chiffres de l’industrie s’explique en partie par un effet de base favorable, l’année 2024 ayant été marquée par des perturbations dans plusieurs unités de production. Par ailleurs, la dette publique reste un sujet de préoccupation pour les partenaires financiers, après la révélation de l’ampleur des engagements accumulés lors du mandat précédent.

Pour autant, le bilan de septembre 2025 est globalement positif. Le Sénégal combine désormais une production d’hydrocarbures opérationnelle, un secteur industriel diversifié et une consommation intérieure résiliente, contrairement à plusieurs voisins ouest-africains confrontés à des crises sécuritaires ou politiques. Cette configuration pourrait renforcer l’attractivité de Dakar auprès des investisseurs internationaux, notamment ceux du Golfe, qui multiplient les opportunités dans les secteurs énergétique et logistique.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour valider cette tendance. La publication des comptes nationaux trimestriels par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) permettra d’évaluer la pérennité de cette accélération industrielle. Les chiffres de septembre marquent déjà le point culminant enregistré depuis le début de l’année.

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