Sénégal : le président rompt avec son Premier ministre Ousmane Sonko
Le paysage politique sénégalais entre dans une phase de turbulence après le limogeage d’Ousmane Sonko, Premier ministre jusqu’alors en poste. Le président de la République a acté cette décision in extremis, quelques heures seulement après un échange musclé entre l’ex-chef du gouvernement et les parlementaires à l’Assemblée nationale.
Une rupture brutale
Dans l’hémicycle, Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots pour dénoncer l’opacité des fonds politiques. Pourtant, à peine trois semaines plus tôt, le président Bassirou Diomaye Faye avait tenté de calmer le jeu lors d’une intervention télévisée. « Il est mon Premier ministre. Tant que sa position est justifiée par ma confiance, il reste à son poste. Dès que ce ne sera plus le cas, il sera remplacé », avait-il affirmé, affichant une apparente sérénité.
Réactions en cascade
Le lendemain, Ousmane Sonko a réagi en mobilisant ses troupes. Lors d’un discours devant ses partisans, il a exhorté ses militants à redoubler d’efforts, insistant sur le fait que le Pastef incarne une vision collective bien au-delà des ambitions individuelles. « Notre engagement repose sur le sacrifice, l’abnégation et le service de la nation », a-t-il souligné.
Cette passe d’armes a accéléré les changements au sein de l’exécutif. Le président a nommé Me Abdoulaye Tine, figure influente de la coalition Diomaye Président, au poste stratégique de porte-parole de la Présidence. Ce dernier succède à Ousseynou Ly, réputé proche d’Ousmane Sonko. Peu après son éviction, ce dernier a réaffirmé son allégeance au projet politique porté par le Pastef et son leader. « Mon attachement à la vision de transformation du Pastef, sous la direction du président Ousmane Sonko, reste inébranlable. Ce projet incarne l’espoir d’un Sénégal souverain, équitable et prospère, et guide chacune de nos actions », a-t-il déclaré.
Divergences stratégiques au sein de la majorité
Le cœur des tensions réside dans l’avenir de la coalition Diomaye Président. Ousmane Sonko milite pour sa dissolution, estimant qu’elle a accompli sa mission. En revanche, Bassirou Diomaye Faye défend sa préservation, rappelant son rôle clé dans la victoire électorale de 2024.
Un contexte économique sous pression
Cette crise politique survient alors que le Sénégal traverse une période économique délicate. L’activité ralentit, tandis que la dette publique atteint un niveau critique, avoisinant 132 % du PIB. La signature souveraine du pays a été dégradée à plusieurs reprises, dans un contexte où l’accès aux financements internationaux se complexifie. Une nouvelle négociation avec le Fonds monétaire international (FMI) est attendue pour stabiliser la situation.
Fin d’un duo historique
Cette séquence marque l’aboutissement d’une collaboration politique entamée il y a près d’une décennie. Empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024, Ousmane Sonko avait alors désigné Bassirou Diomaye Faye comme candidat du Pastef. Face à Amadou Ba, ancien Premier ministre de l’ère Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye avait remporté le scrutin dès le premier tour avec plus de 54 % des voix.
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