24 mai 2026

Le Reveil Noir

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Sénégal : le président Faye écarte son premier ministre Sonko, ouvrant une période d’incertitude

Une profonde incertitude politique s’installe au Sénégal suite à la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son populaire Premier ministre, Ousmane Sonko. Ce duo, porteur d’un immense espoir de changement, avait conquis le pouvoir avec une promesse de renouveau qui avait galvanisé la nation.

Des mois de frictions ont culminé en une séparation officielle pour le tandem qui symbolisait un profond désir de transformation pour le Sénégal. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de son très influent Premier ministre, Ousmane Sonko, vendredi, officialisant une discorde latente. La victoire éclatante de Bassirou Diomaye Faye au premier tour de l’élection présidentielle de mars 2024, avec 54 % des suffrages, était largement attribuable au soutien de son ancien guide politique. Ousmane Sonko, figure charismatique du parti Pastef (également celui du président), s’était vu interdire de concourir en raison d’une condamnation pour diffamation, le rendant inéligible.

Jadis, une complicité manifeste unissait les deux leaders, illustrée par le slogan populaire « Diomaye moy Sonko, Sonko doy Diomaye », qui résonnait comme une vérité. Leur accession au pouvoir, survenue à peine dix jours après leur libération, avait enflammé l’enthousiasme des citoyens sénégalais, désireux de clore un chapitre de turbulences politiques et sociales. La promesse d’une rupture radicale avec l’ancien système et la corruption endémique avait octroyé aux dirigeants du Pastef une période de grâce, désormais révolue.

Toutefois, la cohésion au sommet de l’État s’est rapidement désintégrée. Ousmane Sonko, par son aura, éclipsait son ancien protégé. Cette rivalité, exacerbée par la perspective de l’élection présidentielle de 2029, a considérablement ralenti la mise en œuvre des réformes cruciales promises au peuple. Un point de discorde majeur entre Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre concernait les stratégies pour maîtriser l’endettement du Sénégal, qui se positionne comme le deuxième pays le plus endetté d’Afrique subsaharienne, avec une dette publique atteignant 132 % de son Produit Intérieur Brut (PIB), héritage des administrations précédentes.

Les enjeux de la crise politique Sénégal : une rivalité pour 2029

Le départ d’Ousmane Sonko déclenche une crise politique inédite au Sénégal. Pour mener à bien sa gouvernance, le président Bassirou Diomaye Faye est tributaire de l’appui du Pastef, le parti qu’incarnait son ex-Premier ministre et dont il demeure le chef incontesté. Ce parti détient une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, avec 130 sièges sur 165. Malgré son éviction, Ousmane Sonko est perçu par beaucoup comme le véritable artisan de la victoire présidentielle de 2024.

Ousmane Sonko entretient un lien profond avec la jeunesse sénégalaise et incarne une vision affirmée de la souveraineté nationale, se démarquant des schémas de corruption ou des prises de pouvoir par la force souvent observées sur le continent. Cette perspective renforce l’idée d’une actualité africaine souveraine et d’un certain panafricanisme dans la région. Il représente un espoir concret pour le Sénégal, en dépit des obstacles structurels et financiers majeurs. Loin d’être anti-français, il plaide pour la souveraineté du Sénégal et invite à une refonte des relations internationales sur des principes renouvelés.