Un recul préoccupant dans les réformes communautaires
La 11e édition de la revue annuelle des réformes communautaires de l’UEMOA s’est tenue ce mardi à Dakar, après un report de 24 heures. Cette rencontre politique, présidée par le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a mis en lumière un recul significatif des performances du Sénégal dans la mise en œuvre des réformes évaluées.
Des chiffres qui interpellent
Sur les 145 réformes analysées, le Sénégal affiche un taux de réalisation provisoire de 76,45 %, contre 78,59 % en 2024. Ce recul de 2,14 points s’avère particulièrement marqué dans deux domaines clés : la gouvernance économique et la convergence, avec une baisse de 6,3 points pour les réformes structurelles. Parmi les lacunes identifiées, le non-transmission du rapport 2024 du guichet unique de dépôt des états financiers à la Commission de l’UEMOA a été souligné, ainsi que des faiblesses persistantes dans les secteurs de la culture, du tourisme, de l’artisanat, de la qualité et du climat des affaires.
Des avancées sectorielles encourageantes
Malgré ce constat global, certains domaines ont enregistré des progrès notables. L’agriculture, l’élevage, la pêche et l’environnement progressent de 12 points, tandis que le développement humain et social gagne 6,5 points. Le secteur de l’énergie affiche une hausse de 3 points, et la modernisation du cadre juridique, comptable et statistique progresse de 5,5 points.
Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a confirmé que les résultats de cette phase politique seront présentés au Premier ministre lors d’une audience spéciale avec le président de la Commission de l’UEMOA.
Un cadre institutionnel renforcé
Cette revue annuelle, instaurée par un acte additionnel de la Conférence des chefs d’État du 24 octobre 2013, permet d’évaluer les actions menées pour atteindre les objectifs du traité de l’UEMOA. Depuis 2014, dix éditions ont déjà été organisées au Sénégal, avec des résultats globalement satisfaisants. Cette 11e session constitue la deuxième organisée dans le cadre de la configuration politique biennale, décidée le 8 juillet 2023.
Abdoulaye Diop a rappelé l’importance de cet exercice pour identifier les insuffisances et formuler des recommandations opérationnelles afin d’accélérer la mise en conformité avec les normes communautaires avant la prochaine revue.
Des mesures correctives urgentes
Les autorités sénégalaises ont annoncé que les conclusions de cette phase politique feront l’objet d’une présentation spéciale au Premier ministre, en présence du président de la Commission. Cette initiative vise à renforcer l’engagement des administrations et à accélérer la mise en œuvre des réformes prioritaires d’ici la prochaine évaluation.
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