stratégies financières pour réduire la dette du Sénégal
Des experts réunis à Dakar proposent des solutions pour alléger le fardeau de la dette publique sénégalaise.
Face à une dette publique qui dépasse les 130 % du produit intérieur brut, des économistes réunis en colloque à Dakar ont plaidé pour une refonte en profondeur des stratégies d’endettement du Sénégal. Lors de cette rencontre dédiée à la crise de la dette, des voix se sont élevées pour exiger un audit complet des engagements financiers du pays, jugé opaque par les autorités actuelles.
Un audit nécessaire pour éclairer les engagements financiers
Les responsables sénégalais ont révélé l’existence d’engagements financiers contractés entre 2019 et 2024 mais non divulgués par l’administration précédente. Une affirmation contestée par l’ex-président Macky Sall. Ces engagements, selon les autorités, ont contribué à faire grimper le ratio dette/PIB à 132 %, un niveau qualifié d’alarmant par les participants à la conférence.
Parmi eux, Demba Moussa Dembélé, président de l’Africaine de recherche et de coopération pour l’appui au développement endogène, a appelé à une coopération financière avec des partenaires respectueux de la souveraineté des États. Il a cité la Chine comme exemple de pays offrant des alternatives aux institutions multilatérales traditionnelles.
« Ce sont des partenaires qui nous permettront de sortir du système néocolonial », a-t-il insisté, tout en recommandant un audit intégral de la dette publique.
Élargir les partenariats financiers pour éviter le FMI
Ali Zafar, conseiller économique au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a suggéré au Sénégal de suivre l’exemple de la Turquie, qui a diversifié ses sources de financement en s’ouvrant à des partenaires comme l’Arabie saoudite. « Le Sénégal peut faire de même », a-t-il affirmé, tout en soulignant que le Fonds monétaire international (FMI) n’est pas la seule solution.
Il a également plaidé pour que le Sénégal négocie avec le FMI en adoptant une position ferme, notamment pour protéger les secteurs sociaux comme l’éducation et la santé. « On ne peut pas destiner toutes ses recettes au paiement de la dette », a-t-il déclaré, critiquant les règles imposées par l’institution.
Selon lui, il est temps que les pays africains présentent des contre-propositions fortes lors des négociations. Il a même évoqué la possibilité de créer une banque centrale indépendante pour mieux gérer la crise.
« Aucun pays d’Asie n’aurait accepté une telle situation », a-t-il martelé, estimant que des solutions souveraines existent pour éviter une dépendance accrue au FMI.
Des négociations en cours avec le FMI
Les discussions entre le Sénégal et le FMI se poursuivent. Fin avril, des responsables sénégalais, dont Alioune Diouf, directeur de la dette au ministère des Finances et du Budget, se sont rendus à Washington pour rencontrer les dirigeants de l’institution financière.
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