Tchad : la stratégie du CPDP pour restaurer un climat politique apaisé
Cinq mois après sa mise en place, le Cadre Permanent de Dialogue Politique (CPDP) au Tchad a franchi une étape décisive. Lors d’une conférence de presse tenue récemment, son président, Pahimi Padacké Albert, a présenté une feuille de route ambitieuse pour redonner confiance aux acteurs politiques et aux citoyens. L’objectif affiché ? Assainir durablement le paysage démocratique tchadien et éviter les crises récurrentes.
Un organe né d’un accord historique
Né du Protocole d’Accord politique signé le 13 mai 2025, le CPDP représente l’ensemble des partis politiques légalement reconnus au Tchad. Avec une composition équilibrée de trente membres — quinze issus de la majorité présidentielle et quinze de l’opposition — cet organe se veut le garant d’un dialogue constructif. Son président a rappelé avec fermeté que « sans un climat politique apaisé, sans une réforme électorale consensuelle et sans une approche inclusive, aucun progrès durable ne peut être envisagé ».
Trois leviers pour une réforme électorale ambitieuse
La feuille de route dévoilée s’articule autour de trois axes majeurs, conçus comme des piliers pour restaurer la confiance :
- Réforme du système électoral : Ce volet prioritaire prévoit une refonte des institutions électorales, une révision du code électoral, une redistribution des sièges à l’Assemblée nationale, un ajustement du mode de désignation des sénateurs, ainsi qu’une révision du découpage territorial et du statut de l’opposition. L’objectif ? Aligner les règles sur les normes internationales de transparence et d’équité.
- Mesures d’accompagnement : Pour garantir l’intégrité du processus électoral, le CPDP propose la création d’un fichier électoral fiable et un financement équitable des partis politiques. Ces mesures visent à éliminer les sources de contestation et à renforcer la crédibilité des scrutins.
- Actions transversales : L’organe mise sur la collaboration avec les institutions de l’État et les partenaires techniques pour assurer la continuité des réformes. Il promet également un dialogue permanent avec les partis non signataires du protocole initial, afin d’élargir l’adhésion aux changements proposés.
Un appel à l’engagement collectif
Pour concrétiser cette vision, le président du CPDP a souligné l’importance d’une volonté politique unifiée. Il a également sollicité le soutien des médias pour diffuser largement cette feuille de route, permettant ainsi à chaque citoyen tchadien de s’approprier les enjeux et les actions de l’organe. « L’apaisement politique ne peut être l’œuvre d’une seule entité, mais bien d’un effort commun », a-t-il déclaré.
Le CPDP s’apprête désormais à finaliser un plan d’action détaillé, incluant des modalités précises et un calendrier de mise en œuvre. La réussite de cette initiative dépendra de la capacité des acteurs politiques à transcender leurs divergences et à placer l’intérêt général au-dessus des considérations partisanes. Une entreprise ardue, mais essentielle pour l’avenir démocratique du Tchad.
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