14 mai 2026

Tchad : les Patriotes dénoncent une crise sans précédent au cœur du pays

Le parti Les Patriotes a organisé ce mercredi 13 mai une conférence de presse au siège de l’organisation, situé dans le quartier Bololo, au 2ᵉ arrondissement de N’Djamena. Son porte-parole, Hisseine Abdoulaye, a tiré la sonnette d’alarme sur une situation sécuritaire et politique profondément dégradée, tout en critiquant avec virulence la condamnation de huit responsables politiques membres de l’ex-Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP).

Un climat d’insécurité généralisée au Tchad

Selon le parti, le pays fait face à une recrudescence des violences qui menacent la stabilité nationale. Dans la province du Lac, Boko Haram intensifie ses attaques, tandis que l’est et le sud du pays subissent une hausse des affrontements intercommunautaires. Les récentes opérations militaires à Barka Tolorom et Kaïga Kindjiria ont entraîné la perte de 23 soldats. Quant au Wadi Fira, des conflits tribaux, exacerbés par l’afflux d’armes en provenance du Soudan, auraient causé plus de 40 victimes.

Une répression politique jugée illégitime par l’opposition

Sur le plan institutionnel, Les Patriotes dénoncent une campagne de répression systématique contre les forces d’opposition. Le parti évoque notamment l’élimination de Yaya Dillo, l’incarcération de Succès Masra, ainsi que la dissolution du GCAP par la Cour suprême. Les autorités sont également accusées de limiter les libertés fondamentales et de museler la presse.

Le parti conteste avec véhémence la condamnation à huit ans de prison ferme de huit présidents de partis politiques, membres de l’ex-GCAP, arrêtés le 25 avril dernier au siège du PAP/JS, sans mandat officiel selon leurs allégations. Parmi les condamnés figure Nassour Ibrahim Koursami, président des Patriotes lui-même. Les accusations portées contre eux – attroupement, association de malfaiteurs, insurrection, rébellion et détention illégale d’armes de guerre – seraient, selon le parti, dépourvues de preuves tangibles.

Les Patriotes accusent ouvertement le procureur général, le ministre de l’Administration du territoire et le président de la Cour suprême d’avoir orchestré une parodie de justice dans le but de neutraliser l’opposition. Le parti exige la libération immédiate et inconditionnelle des condamnés et appelle la communauté internationale à surveiller de près cette affaire.

Un appel à la mobilisation citoyenne

En clôture de la conférence, Hisseine Abdoulaye a lancé un vibrant appel à la population, l’exhortant à se mobiliser pour mettre fin à cette mascarade et rétablir l’État de droit. S’inspirant de George Orwell, il a martelé : « Les tyrans craignent la vérité, car celle-ci ne se plie pas à leurs caprices. »