Tchad : quand l’échec politique nourrit le chaos social
Un puits asséché, des vies sacrifiées : au Tchad, la gestion des ressources révèle l’incompétence d’un système qui préfère le spectacle à la solution.

Depuis plus de trois décennies, le Tchad reproduit le même schéma : des promesses éphémères, des dirigeants interchangeables, et une population condamnée à revivre les mêmes drames. Les conflits pour l’accès à l’eau ou aux terres se multiplient, mais l’État ne propose que des solutions éphémères, des interventions médiatiques sans lendemain. Au lieu de bâtir des institutions solides, il mise sur des apparences : cortèges officiels, discours solennels, et des missions de pacification aussi bruyantes que stériles.
Le théâtre des crises, un outil de pouvoir
Quand un village se déchire pour un puits asséché, la réponse étatique est toujours la même : une caravane de 4×4 ministériels, des négociations sous les projecteurs, et des communiqués triomphants. Pourtant, une fois les micros éteints et les voitures parties, les problèmes persistent. Le budget englouti dans ces opérations pourrait financer des milliers de forages modernes, garantissant l’accès à l’eau pour des générations. Mais construire des solutions durables, c’est admettre que le pays n’a plus besoin de ses « sauveurs ». Alors, on préfère entretenir les tensions pour justifier une présence permanente.
Une justice étouffée, des citoyens abandonnés
Dans un État fonctionnel, la justice serait le rempart contre l’arbitraire. Au Tchad, elle est volontairement affaiblie, car une justice forte mettrait fin aux abus de pouvoir. En laissant les conflits intercommunautaires s’envenimer sans recours légal, l’État force les citoyens à régler leurs différends par la force. Mourir pour une ressource en 2024 n’est ni une malédiction ni une tradition, mais le symptôme d’un système qui a choisi l’échec organisé. Le pouvoir n’a pas échoué à résoudre les crises : il a réussi à en faire une méthode de gouvernement.
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