Issu d’un milieu modeste et confronté aux épreuves de la vie, Babily Dembélé s’est imposé comme une figure ivoirienne aux multiples talents. Architecte, homme politique, entrepreneur et acteur social, son parcours illustre la persévérance, la résilience et un engagement constant envers la société.
Né dans des conditions financières précaires, Babily Dembélé a grandi dans une famille marquée par la pauvreté. Son père, cultivateur déplacé de Kouto vers Dimbokro pour des travaux forcés, s’installe finalement à Brofodoumé grâce à l’accueil de la famille Beche. Malgré les difficultés matérielles, ses parents lui transmettent des valeurs essentielles : la dignité, le travail et la détermination.
Son enfance est rythmée par des épreuves difficiles. Envoyé à Sassandra chez un parent, il vit dans des conditions extrêmes, dormant parfois dans un poulailler. Ces expériences douloureuses deviennent cependant une source de motivation pour se dépasser. Un tournant décisif survient lorsqu’il rencontre un prêtre français nommé Alib, qui lui apporte un soutien moral et éducatif. Grâce à sa rigueur et ses excellents résultats scolaires, Babily Dembélé se distingue comme l’un des meilleurs élèves de sa génération.
Pendant son parcours scolaire, il côtoie des personnalités telles que Maître Boga Doudou, futur avocat, et Adama Koné, proche de l’ambassadeur Aboubacar Koné. Tous obtiennent leur baccalauréat la même année, mais chacun suit une voie différente. Alors que Boga Doudou choisit le droit, Babily Dembélé se tourne vers les sciences. Son talent éclate lorsqu’il remporte le prix national en mathématiques en 1977-1978. Cette distinction attire l’attention du président Félix Houphouët-Boigny, qui le reçoit avec sa mère et décide de soutenir son parcours académique. Grâce à cet appui, il intègre l’Académie des sciences de Paris, où il obtient un diplôme d’architecte expert.
Animé par une quête permanente de savoir, il poursuit ses études à l’Université Al-Azhar en Égypte, où il décroche un diplôme en anthropologie des cultures africaines et occidentales. Cette double formation, à la fois scientifique et culturelle, influence profondément sa vision du développement et du dialogue interculturel. De retour en Côte d’Ivoire au milieu des années 1980, il est orienté vers la Banque Africaine de Développement par le président Houphouët-Boigny. Il entame alors une carrière internationale, intervenant dans 53 pays africains sur des projets d’infrastructures majeurs, notamment dans les secteurs du bâtiment, des routes et des ponts.
En 1995, le président Henri Konan Bédié le nomme conseiller spécial chargé des cultes, des partis politiques et de la société civile. Cette expérience lui permet d’acquérir une expertise solide en politique et en diplomatie. Comme de nombreux cadres ivoiriens, Babily Dembélé subit les conséquences des crises politiques du pays. Après le coup d’État de 1999, il est arrêté et emprisonné pendant plus d’un mois. La crise politico-militaire de 2002 l’oblige ensuite à s’exiler en France pendant cinq ans.
Malgré ces épreuves, il reste profondément attaché à la Côte d’Ivoire. En 2007, à la demande de Laurent Gbagbo, il revient au pays et devient représentant spécial auprès des pays arabes. Parallèlement à ses activités politiques, Babily Dembélé développe plusieurs projets dans le secteur privé. Il acquiert notamment la société CIAD-Primo et lance un ambitieux projet immobilier de 800 logements sur 40 hectares à M’Pouto, dans la commune de Riviera, pour un investissement estimé entre 5 et 7 milliards de FCFA.
Très engagé dans la promotion du vivre-ensemble, il contribue à la construction de plusieurs lieux de culte, dont 11 mosquées et 7 églises. Son implication dans le domaine religieux se manifeste particulièrement en 1999 lorsqu’il facilite le départ de 2 000 pèlerins vers La Mecque et Médine grâce à l’affrètement d’un avion saoudien, réduisant significativement le coût du pèlerinage.
Le parcours de Babily Dembélé incarne aujourd’hui une figure de résilience, de réussite et d’engagement au service du développement humain et du vivre-ensemble. De son enfance difficile aux responsabilités politiques, économiques et sociales qu’il a assumées, il démontre qu’il est possible de transformer les épreuves en opportunités pour servir une société plus juste et solidaire.

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