11 mai 2026

Drame au lac Tchad : des dizaines de pêcheurs nigérians tués lors de raids aériens

L’offensive aérienne lancée par les forces armées du Tchad contre des positions terroristes dans la région du lac Tchad aurait tragiquement coûté la vie à de nombreux civils. Selon des témoignages concordants, des pêcheurs originaires du Nigéria figurent parmi les principales victimes de ces opérations militaires.

Lac Tchad : des dizaines de pêcheurs nigérians présumés morts après des frappes tchadiennes

Des bombardements ciblant les bastions de Boko Haram

Depuis la fin de semaine dernière, l’aviation tchadienne multiplie les sorties contre des enclaves djihadistes situées sur les îles du lac Tchad, à la jonction des frontières entre le Nigéria, le Niger et le Tchad. Ces manœuvres font suite à une offensive meurtrière de Boko Haram contre les troupes régulières tchadiennes. Les frappes se sont concentrées sur l’île de Shuwa, un secteur stratégique pour les insurgés, mais également une zone de pêche très fréquentée par les travailleurs nigérians.

Le lourd bilan humain chez les civils pris au piège

Le bilan humain s’annonce particulièrement lourd. Un représentant du syndicat des pêcheurs local rapporte la disparition d’au moins 40 travailleurs nigérians, dont beaucoup auraient péri noyés suite aux explosions. Des rescapés, à l’image d’Adamu Haladu, originaire de Baga, confirment l’ampleur du désastre. La plupart des défunts proviendraient de la localité de Doron Baga et de l’État de Taraba. Il est précisé que ces civils opéraient dans ces eaux poissonneuses après avoir été contraints de verser une taxe de passage aux combattants de Boko Haram.

Une zone transfrontalière minée par l’insécurité

Le bassin du lac Tchad, partagé entre le Nigéria, le Niger, le Tchad et le Cameroun, demeure un sanctuaire pour Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) depuis plus d’une décennie. Malgré la mise en place d’une force multinationale mixte dès 2015 pour sécuriser la zone, la solidarité régionale s’est effritée, notamment après le retrait du Niger de cette alliance en 2025. Pour l’heure, les autorités militaires de N’Djamena n’ont pas encore communiqué officiellement sur ces allégations de pertes civiles collatérales.