17 mai 2026

Le Reveil Noir

Actualités et analyses panafricaines pour une Afrique consciente, souveraine et debout.

Burkina Faso : comment financer la santé sexuelle sans dépendre des partenaires extérieurs

Burkina Faso : comment financer la santé sexuelle sans dépendre des partenaires extérieurs

Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a organisé une rencontre d’échanges le 24 mars 2026 autour d’un enjeu majeur : comment assurer les droits en santé sexuelle et reproductive au Burkina Faso malgré la crise sécuritaire et la baisse des financements internationaux ?

Avec la dégradation de la situation sécuritaire et le recul des contributions des bailleurs de fonds, le pays doit relever un défi de taille : maintenir l’accès aux services essentiels en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR).

D’après les chiffres officiels, plus de 80 % des ressources allouées à ce secteur provenaient jusqu’alors de partenaires étrangers. Cette tendance s’est inversée ces dernières années, poussant les acteurs locaux à explorer des solutions internes pour garantir la continuité des soins.

Désiré Thiombiano, directeur de AMS Synergie Burkina Faso

des solutions locales pour une santé sexuelle autonome

Désiré Thiombiano, directeur de AMS synergie Burkina Faso, insiste sur l’importance de l’implication directe des communautés. « Il est temps de cesser d’attendre un retour des partenaires extérieurs. Chaque acteur doit contribuer à financer la santé sexuelle pour éviter les grossesses précoces, les mariages forcés d’enfants et les décès maternels », déclare-t-il.

Pour y parvenir, il propose une approche en trois volets :

  • Sensibiliser les populations à l’importance de contribuer financièrement à ces services vitaux.
  • Renforcer la masculinité positive en associant les leaders d’opinion et les figures religieuses à la communication et au plaidoyer.
  • Instaurer une collecte communautaire gérée par les collectivités territoriales pour assurer une gestion transparente et durable des fonds.

Dr Clarisse Bougma, représentante la directrice de la santé de la famille, rappelle les efforts de l’État burkinabè. Entre 2020 et 2025, près de 3,9 milliards de francs CFA ont été investis dans l’achat de produits contraceptifs. Malgré la réduction des aides extérieures, le ministère maintient ses actions, en priorité dans les zones reculées.

« La mobilisation des ressources locales est une priorité absolue. Elle garantit la pérennité des actions et accélère l’atteinte des objectifs sanitaires internationaux », souligne-t-elle.

Boureima Sanga, coordinateur du REMAPSEN Burkina Faso

les médias au cœur de la souveraineté sanitaire

Boureima Sanga, coordinateur du REMAPSEN Burkina Faso, explique que cette rencontre s’inscrit dans une démarche de plaidoyer et de renforcement des capacités des journalistes. « Dans un contexte marqué par plusieurs crises, il est crucial que les médias maîtrisent les mécanismes de financement endogène. Cela leur permettra de sensibiliser efficacement les populations et de soutenir la souveraineté sanitaire du pays », affirme-t-il.

Fondé en juin 2020, le REMAPSEN organise régulièrement des ateliers similaires au niveau national, en collaboration avec le Partenariat de Ouagadougou. L’objectif ? Promouvoir des solutions locales, durables et adaptées aux réalités du Burkina Faso.