7 juin 2026

Le Reveil Noir

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Burkina Faso : les gérants de dépôts pharmaceutiques réclament un statut après 20 ans de service

Réunis à Ouagadougou pour leur sixième assemblée générale le 6 juin 2026, les membres de l’Union des gérants et caissiers de dépôts pharmaceutiques publics du Burkina Faso ont une fois de plus interpellé les autorités sur leurs conditions de travail. Leur revendication centrale : l’adoption d’un statut officiel pour une profession qu’ils jugent indispensable au fonctionnement du système de santé.

Cette assemblée, placée sous le thème « La résilience des bénévoles au service du peuple », a été l’occasion pour les participants d’exprimer leur inquiétude face à une situation qu’ils estiment de plus en plus alarmante.

Selon Ousmane Bolly, président de l’Union, de nombreux gérants exercent depuis plusieurs décennies sans cadre professionnel clairement défini. « Les personnes que vous voyez ici travaillent depuis 20 ou 30 ans, mais certaines ne perçoivent même pas le SMIG », a-t-il déploré.

L’organisation affirme représenter plus de 3 000 gérants répartis dans l’ensemble des districts sanitaires du pays.

L’absence de statut au cœur des difficultés

Pour les responsables de l’Union, le principal problème reste l’absence d’un texte réglementaire encadrant le métier de gérant ou de caissier de dépôt pharmaceutique public. Cette lacune placerait ces travailleurs dans une grande vulnérabilité, les exposant à des licenciements qu’ils qualifient d’abusifs lorsqu’ils réclament une amélioration de leurs conditions.

Ousmane Bolly précise que certains agents craignent même d’afficher publiquement leur appartenance à l’Union par peur de représailles professionnelles.

Des salaires jugés insuffisants

Les participants ont également dénoncé le faible niveau de rémunération. Avec des revenus oscillant souvent entre 20 000 et 25 000 FCFA par mois, ils estiment ne plus pouvoir faire face à la hausse du coût de la vie.

Pourtant, soulignent-ils, les gérants de dépôts pharmaceutiques assurent chaque jour la distribution des médicaments et accueillent les patients dans des structures sanitaires souvent très sollicitées.

Des démarches engagées depuis plusieurs années

L’Union affirme avoir multiplié les initiatives depuis 2020 pour obtenir une amélioration de sa situation. Parmi celles-ci :

  • des rencontres avec les ministères de la Santé et de la Fonction publique ;
  • des audiences auprès de la Présidence du Faso ;
  • la participation à plusieurs ateliers de réflexion sur la gestion des structures pharmaceutiques.

Malgré ces efforts, les responsables de l’organisation déplorent l’absence d’avancées concrètes. L’Union indique avoir réalisé un recensement complet de ses membres et transmis les données aux autorités compétentes pour faciliter la mise en place d’un cadre de régularisation.

Elle plaide désormais pour une implication plus forte de l’État dans la revalorisation de cette profession, estimant que les ressources générées par les dépôts pharmaceutiques ne suffisent pas à assurer une amélioration durable des conditions de travail.

En clôture, Ousmane Bolly a salué la mobilisation des participants tout en appelant les autorités à apporter une réponse rapide à leurs préoccupations.