- Depuis l’année 2023, les forces militaires du Burkina Faso, épaulées par leurs milices, et des insurgés affiliés à Al-Qaïda ont causé la mort de plus de 1 800 civils.
- Le pouvoir en place multiplie les exactions graves tout en étouffant l’information pour masquer le calvaire des populations locales.
- La communauté internationale et les instances régionales sont appelées à faire pression sur les autorités pour que justice soit rendue.
Une enquête majeure révèle que l’armée du Burkina Faso, ses alliés des VDP (Volontaires pour la Défense de la Patrie) et le groupe djihadiste GSIM ont perpétré des massacres de grande ampleur. Ces actes, qualifiés de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, incluent des opérations de nettoyage ethnique visant particulièrement la communauté des Peuls.
Un conflit meurtrier ignoré par la scène internationale
Le document de 341 pages détaille 57 incidents tragiques survenus depuis la prise de pouvoir par la junte militaire en septembre 2022. Les chercheurs ont recueilli les témoignages de plus de 450 personnes au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Mali pour documenter ces atrocités. Philippe Bolopion, responsable au sein de l’organisation ayant mené l’enquête, souligne que l’ampleur de ces violences est terrifiante face au silence mondial.
Sous la présidence d’Ibrahim Traoré, le régime a instauré un climat de peur, réprimant durement les opposants politiques, les journalistes et les voix dissidentes. Cette stratégie vise à dissimuler le bilan humain catastrophique de la lutte contre l’insurrection islamiste qui déstabilise le Sahel depuis 2016.
Des massacres ciblés et une violence systématique
L’un des épisodes les plus sanglants s’est déroulé en décembre 2023 lors de l’opération Tchéfari 2. Plus de 400 civils ont été exécutés par l’armée et ses supplétifs dans la région de Djibo. Des survivants décrivent des scènes d’horreur où même les enfants n’ont pas été épargnés. Parallèlement, le GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) utilise la terreur pour asseoir son autorité, comme à Barsalogho où au moins 133 personnes ont perdu la vie en août 2024.
Outre les exécutions sommaires, le GSIM impose des sièges à des dizaines de localités, provoquant des famines et bloquant l’accès aux soins. Les infrastructures vitales, telles que les sources d’eau et les ponts, sont systématiquement détruites pour isoler les populations.
Appel à la responsabilité pénale internationale
Le rapport identifie clairement les responsables potentiels de ces crimes contre l’humanité. Parmi eux figurent Ibrahim Traoré et plusieurs hauts gradés burkinabè, ainsi qu’Iyad Ag Ghaly, le chef du GSIM déjà visé par la Cour pénale internationale (CPI). L’impunité quasi totale dont jouissent les auteurs de ces crimes aggrave la détresse des victimes, qui ne font plus confiance à la justice nationale.
Il est urgent que les partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, les États-Unis et les Nations Unies, agissent. L’ouverture d’un examen préliminaire par le Bureau du Procureur de la CPI est préconisée pour briser le cycle de l’impunité au Burkina Faso. Sans une réaction ferme et coordonnée, le nettoyage ethnique et les massacres de civils risquent de se poursuivre dans l’indifférence générale.
Plus d'histoires
Modernisation du fret terrestre au Tchad : le BNFT forme ses acteurs aux outils numériques
Opération d’envergure à N’Djamena : le 10ᵉ arrondissement sous haute surveillance
Affrontement médiatique : Bodian contre Diagne sur les déclarations concernant Sonko